Virgil Fendzi, Nestlé Professional Manager Tropical Cluster.
Quelle est la particularité des activités que vous coiffez au niveau de Nestlé Professional ?
Aujourd’hui, quand on sort de la maison, pour ceux qui ont une activité, on passe une majeure partie de son temps hors de la maison. Ça peut être au travail, dans son activité quotidienne, dans un endroit autre qui nous permet de gagner notre vie. Dans ces différents endroits, on a besoin de s’alimenter. Si on doit s’alimenter, on ne peut pas rentrer à la maison systématiquement et ressortir. C’est la raison pour laquelle on a toujours besoin de s’alimenter où nous sommes, en l’occurrence hors de la maison. Le département de Nestlé qui s’occupe de de tous les consommateurs hors de la maison s’appelle Nestlé Professional.
Vous venez d’échanger avec une catégorie d’acteurs dont la contribution est déterminante dans votre secteur d’activités. Quels étaient les grands axes de votre communication ?
L’occasion est idoine parce qu’on a l’opportunité de s’engager avec certains de nos partenaires, qui ne sont pas des moindres d’ailleurs. On parle des commerciaux qui sont en charge du Nescafé dans tout ce qui est hors foyer. Vous les voyez habituellement dans les rues de Douala. Mais il n’y a pas que Douala. C’est dans tout le Cameroun. On compte de vendeurs à pousse. Ce qui est passionnant, c’est que le métier nourrit son homme. L’appellation My Own Business vient simplement du fait que chacun peut commencer l’activité de vente ou de commercialisation du Nescafé ou des boissons Nestlé à partir de rien. Il faut tout simplement avoir le bon contact, c’est-à-dire se rapprocher de nos partenaires que sont les opérateurs cuisine et manifester la volonté de vendre du Nescafé. Derrière le partenaire qui a toute la formation qualité et assurance qu’il faut, on a le temps de faire une mini-enquête de moralité. Après une semaine au plus, la personne peut commencer.
Quel est le modèle économique développé dans le cadre du MYOWBU pour que chacun sorte gagnant ?
Tel que Nestlé a établi la structure des prix, il y a une marge qui est conséquente au niveau du distributeur de Nestlé qui est agréé. Il y a aussi un autre niveau de marge qui est intéressante au niveau de l’opérateur partenaire cuisine. Enfin, le vendeur, lui aussi, a un niveau de marge. Du début à la fin de la chaîne, tout le monde trouve son compte. A titre d’exemple, il y a un des opérateurs cuisines qu’on appelle Souley Choco qui a environ sept vendeurs à son actif et qui a commencé comme vendeur à pousse il y a moins de 10 ans. Aujourd’hui, il est patron. Il est Guinéen certes, mais il réussit à envoyer de l’argent à sa famille. Cela montre à quel point on peut commencer au bas de l’échelle et finir comme patron. Sans oublier surtout son humilité. Il est patron, mais est resté vendeur à pousse. C’est une activité extraordinaire. Tous ceux qui y croient en général trouvent leur intérêt.
Quels sont les résultats attendus des échanges avec les vendeurs ?
A l’issue des échanges avec les différents partenaires, on s’est rendu compte qu’on a eu une année 2025 plutôt challengeante. Regardant les cours des matières premières, il y a eu la hausse des prix du café et du Nescafé en particulier. Il était de bon ton de redynamiser et de rebooster le mental des partenaires, que ce soit les opérateurs cuisine ou les vendeurs. Quand on est dans un contexte d’inflation généralisée, des fois on a tendance à se décourager. Deuxièmement, c’est aussi opportun de leur présenter notre portefeuille qui peut être servi différemment, malgré le contexte inflationniste. C’est juste pour dire que si une tasse de Nescafé noir coûtera 250 F, on leur explique comment refaire des dosages, pour que même si quelqu’un a 150 F ou 200 F, on lui serve une tasse correspondant à sa bourse. Là, ils comprendront que leur niveau de marge restera inchangé. Troisièmement, c’est de leur annoncer les critères de challenge. On veut faire 25% de croissance sur le premier trimestre. Naturellement, on a mis en place un certain niveau de gains, pour motiver le mental des différentes équipes. Les gains sont variés. On aura par exemple des dotations de produits qui vont être offertes aux meilleurs, ainsi que des possibilités d’assurance maladie qui vont être souscrites pour leur compte, au terme de l’année 2026. Ce qu’on estime, c’est que donner juste des gains matériels est intéressant sur le court terme. Mais, sur le long terme, il faut se projeter. Le troisième niveau de gain c’est offrir la possibilité au meilleur vendeur d’ouvrir une cuisine, s’il est intéressé. A titre d’exemple, on six arrondissements à Douala. Et on n’a aucun opérateur à Douala 5e, ce qui est aberrant, eu égard à l’importante population que cet arrondissement regorge. C’est aussi une opportunité qui offre la possibilité de devenir patron.
Quelles sont les perspectives pour 2026 ?
Sur le plan des ressources humaines et commercial, c’est ouvert. Un des buts de cette campagne, c’est d’encourager les personnes volontaires et désireuses de se joindre à l’activité MYOWBU, de pouvoir le faire. On a une centaine vendeurs, mais le but est d’atteindre 200 vendeurs au Cameroun pourquoi pas. Deuxièmement, on compte investir environ 70 millions de F, parce que le principal outil de ces vendeurs ce sont les pousses. On a élevé le niveau de qualité en termes de pousses. Par le passé, on avait des pousses en métal qui étaient plus lourds et subissaient facilement les effets des intempéries. Là, on a des pousses qui sont en fibres, une matière qui est plus résistante et plus respectueuse de l’environnement. Ils coûtent plus chers, mais on sait que le prix vaut la peine. On va donc augmenter le parc de pousses, avec le nombre de vendeurs sur le plan national.
Quels sont les critères de sélection au programme MYOWBU ?
Il faut d’abord être majeur. On ne peut pas embaucher des personnes qui sont encore mineures sur le plan professionnel et social. Pour exercer cette activité, il faut avoir un minimum acceptable en termes de moralité et être plus ou moins éveillé sur l’aspect commercial.
INTERVIEW REALISEE PAR LA REDACTION
