Les parcelles foncières dédiées sont déjà en cours d’acquisition. Le manioc et le maïs ont été ciblés comme spéculations prioritaires.
Le Chef de la Section des initiatives sous-régionales au bureau Afrique centrale de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA), Dr. Adama Ekberg Coulibaly, a rendu une visite de courtoisie au président du Conseil régional du Sud, Gervais Eric Ndo, en février dernier. Les échanges ont permis de revisiter la réunion tenue le 5 février 2026 à Yaoundé sur la consultation d’étape consacrée à l’opérationnalisation des zones économiques spéciales sur mesure. Il en ressort que la région du Sud veut se positionner comme une référence en en testant le modèle sur son territoire. Son président indique la région est prête pour être la rampe de lancement de cet ambitieux agenda sous-régional.
L’occasion a permis au président du Conseil régional du Sud d’indiquer que le Sud dispose d’une position géostratégique, avec des communes transfrontalières avec le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Congo-Brazzaville. M. Ndo va plus loin et indique qu’il y a des avancées notoires pour la mise en place des zones d’activités industrielles, pour tirer avantage des marchés local et sous-régional. Les spéculations déjà identifiées à cet effet sont le maïs et le manioc, produits que le Cameroun promeut la culture à grande échelle, pour inverser la tendance des importations et donner un coup de fouet à la politique d’import-substitution.
La zone économique spéciale sur mesure, un levier pour matérialiser la ZLECAf
En s’alignant dans la logique des zones économiques spéciales sur mesure portées par la CEA, le conseil régional du Sud y voit une « manne », pour conforter son ambition de développer des pôles locaux de production, de transformation et de commercialisation des produits à même de répondre aux demandes du marché local voire sous-régional à l’aune de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Les démarches sont avancées pour l’acquisition des espaces (terres) du domaine national dédiés au projet, pour nouer des partenariats avec les mouvements patronaux camerounais et capter leur adhésion à ce projet structurant et enfin engager des partenariats avec les acteurs institutionnels, les partenaires techniques et financiers (PTF) impliqués dans la création et mise en œuvre des ZES sur mesure, apprend-t-on. La cerise sur le gâteau, c’est la promotion des petits producteurs réunis au sein des coopératives, pour leur donner l’opportunité de monter à échelle en pourvoyant de la matière première de qualité et aux standards, partant de devenir de véritables PME et PMI locales.
Le processus engagé par la région du Sud va promouvoir l’inter-territorialité, indique le Dr. Adama Ekberg Coulibaly. Sur le terrain, poursuit notre interlocuteur, le Sud est une collectivité territoriale décentralisée de référence, pour promouvoir la création des zones économiques spéciales sur mesure. Il cite comme fait d’armes le développement du Projet de développement intégré de la Zone des Trois Frontières (entre le Cameroun, le Gabon et la Guinée Equatoriale). « La région du Sud est déjà prépositionnée pour implémenter les communes de production. Nous essayons d’amener les communes transfrontalières à se mettre en grappes, pour améliorer les productions de riz, de manioc, de soja, de palmier à huile, etc. », argue l’économiste senior à la CEA. A terme, la démarche pourrait permettre de créer des sociétés d’investissement. Le Cameroun veut ainsi montrer la voie en tant que locomotive de la sous-région.
