Une attention particulière est accordée aux aspects environnementaux et sociaux, afin de mettre en lumière les impacts de l’exploitation sur les emplois, les redevances et le développement local.
Un pas de plus a été franchi vers la levée de la suspension qui pèse sur le Cameroun en ce qui concerne la mise en œuvre de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (créée en 2003 avec l’adhésion du Cameroun en 2005, ndlr), le 10 décembre 2025. En effet, le rapport 2023 de l’ITIE a été présenté au public à Yaoundé, par le ministre des Mines de l’Industrie et du Développement Technologique par intérim, Pr. Fuh Calistus Gentry, par ailleurs vice-président du Comité ITIE. Y prenaient part : hauts responsables des administrations (mines, finances, environnement…), représentants des entreprises extractives privées, missions diplomatiques, représentants de la société civile (OSC), professionnels des médias, partenaires de développement.
L’un des aspects relevés par le MINMIDT est l’accent mis sur le renforcement de l’engagement des parties prenantes, essentiel pour matérialiser les réformes allant dans le sens de l’amélioration de la transparence et de la lutte contre la corruption et les flux financiers illicites dans le secteur extractif. Les réformes concernées portent notamment sur : l’intégration des données ITIE, la publication des contrats et la divulgation des bénéficiaires effectifs, etc. L’on aura noté que les paiements générés par le secteur extractif en 2023 ont représenté 1232,69 milliards de F.CFA. Un chiffre tout de même inférieur aux 1416,22 milliards de F.CFA de 2022, mais supérieur aux 776,09 milliards de F.CFA en 2021.
Le rapport ITIE 2023 met l’accent sur des thèmes comme la propriété effective, la transparence des contrats, la transition énergétique et les obligations sociales des entreprises. Il renforce les efforts du Cameroun en matière de divulgation systématique des données, avec des mises à jour plus fréquentes et des informations détaillées par entreprise, région et flux de revenus, se réjouit le ministre Fuh Calistus Gentry. Il faut préciser que la Norme ITIE 2023 accorde une attention particulière au sous-secteur minier artisanal et à celui des carrières, ainsi qu’à la transition énergétique, l’amélioration de la collecte des recettes domestiques, la prise en compte du genre, des préoccupations sociales et environnementales constituant ainsi la preuve de l’accroissement de l’impact positif de l’ITIE sur les conditions de vie des populations.

Les parties prenantes conquises
D’autres parties prenantes saluent la disponibilité du rapport en cette fin d’année 2025, quand on sait que le rapport ITIE 2022 a été publié en mars dernier. « Le présent rapport ITIE 2023 constitue non seulement un sujet de joie, mais également un instrument que nous devons ensemble (gouvernement, entreprises et organisations de la société civile) capitaliser tant pour faire sortir notre pays du statut actuel qui lui est conféré dans l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), que pour le bien-être véritable des populations camerounaises ainsi que les communautés locales », a indiqué le représentant du Réseau des chefs traditionnels d’Afrique pour la gestion durable de la biodiversité et des écosystèmes de forêts (RecTrad), Prince Billy Arthur Ngandji.
Le représentant de l’organisation membre du collège des organisations de la société civile camerounaise engagée dans le suivi du secteur extractif se réjouit surtout du fait que les préoccupations du collège de la société civile aient été prises en compte, « dans un processus de consultation large ». M. Ngandji a en outre recommandé au gouvernement de déployer le plan de communication et de dissémination du rapport auprès des couches de la population nationale et partout où le besoin se fera sentir, en l’occurrence dans les zones d’exploitation minière. A l’attention des médias, il souhaite un accompagnement dans le relais des actions du Comité ITIE et de celles prises dans le secteur extractif, en particulier celles relatives aux questions d’emploi et d’intégration des jeunes et des femmes. A l’endroit des membres du Comité ITIE, le RecTrad recommande d’être plus attentifs et plus attentionnés aux recommandations des organisations de la société civile.

Priorité au débat public pour disséminer les résultats du rapport 2023
Etant donné que l’ITIE assure la transparence, essentielle pour accompagner le gouvernement camerounais dans la gestion des secteurs pétrolier, gazier et minier, le rapport 2023 représente une opportunité pour renforcer la gouvernance et garantir que les ressources extractives bénéficient aux populations, avec l’engagement de tous les acteurs pour un développement durable, d’après le président du Groupe de travail multi-acteurs (GPA), représentant de l’Union des journalistes au sein du Comité ITIE, Dr. Blasius Ngome. L’on retient de sa prise de position que le rapport ITIE 2023 met l’accent sur des thèmes élargis tels que la propriété effective, la transparence des contrats, la transition énergétique et les obligations sociales des entreprises. Une part belle est également faite aux aspects environnementaux et sociaux, afin de mettre en lumière les impacts de l’exploitation sur les emplois, les redevances et le développement local. L’enjeu est de résoudre les défis des éditions précédentes, notamment via une meilleure documentation de la distribution des ressources aux collectivités locales.
En perspective, après la publication du rapport ITIE 2023, l’accent devra être mis sur l’information, l’éducation et la dissémination du contenu auprès des publics cibles identifiés dans la stratégie nationale de communication, en vue du débat public sur la gouvernance des ressources pétrolières, gazières et minières. Depuis 2005, le Cameroun est engagé dans l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), pour garantir une gestion transparente et responsable de ses ressources naturelles.
KENFACK T.G.
