Les mesures à prendre doivent adresser un plan de réponse globale pour combler l’écart vers l’objectif 1,5 °C, un plan d’action « Forêts » sur cinq ans pour renverser à la déforestation d’ici 2030 et des avancées sur les engagements financiers des pays développés, notamment à travers le principe « pollueur-payeur ».
Alors que la COP 30 se tient à Belém au Brésil du 10 au 21 novembre 2025, l’ONG Greenpeace appelle les délégués à mettre fin à la destruction des forêts et à combler d’urgence l’écart vers l’objectif 1,5 °C. « La COP30 doit marquer un tournant décisif. On ne peut plus traiter la protection des forêts, la sortie des énergies fossiles et l’adaptation comme s’il s’agissait d’un menu au choix. La crise climatique avance sur tous les fronts. Notre réponse doit être ambitieuse, courageuse et immédiate », indique la directrice exécutive de Greenpeace Brésil Carolina Pasquali dans un communiqué publié le 10 novembre dernier.
« Le président Lula l’a dit au Sommet des dirigeants : la COP 30 doit découler sur des feuilles de route concrètes pour inverser la déforestation et surmonter notre dépendance aux énergies fossiles. Le signal politique est donné. A présent, il faut agir. Le monde attend plus que des déclarations : il attend un leadership fort qui se traduit en décisions. Mettons fin à la déforestation d’ici 2030, accélérons la transition vers les énergies propres, renforçons l’adaptation pour une meilleure résilience, et assurons que les financements qui rendent tout cela possible soient disponibles. L’ère des demi-mesures est terminée », ajoute la responsable. Et de poursuivre : « Si Belém veut entrer dans l’histoire, cette COP doit être celle de l’action et de la mise en œuvre : transformer les promesses en trajectoires, l’espoir en planification et le leadership en responsabilités partagées ».

Priorités de WWF présentées à la COP 30
A la COP 30, la position de Greenpeace va dans le sens de trois axes : un plan de réponse globale pour combler l’écart vers l’objectif 1,5 °C et accélérer les réductions des émissions dès cette décennie ; un plan d’action « Forêts » sur cinq ans pour renverser à la déforestation d’ici 2030 et des avancées sur les engagements financiers des pays développés, notamment à travers le principe « pollueur-payeur » pour financer la réduction des émissions, l’adaptation, les pertes et préjudices dans les pays en développement. « De Kinshasa à Belém, notre message est clair : pour que l’objectif de 1,5 °C soit réaliste pour l’Afrique, il faut financer les forêts et les peuples qui les protègent. L’argent doit arriver sur le terrain, là où il fait la différence. Les forêts sont une priorité vitale », souligne le directeur des programmes de Greenpeace Afrique, Murtala Turay.
A son avis, il faut accorder une attention particulière au Tropical Forests Forever Facility (TFFF) qui ambitionne de soutenir plus de 70 pays qui abritent plus d’un milliard d’hectares de forêts tropicales humides et subtropicales. « Le Tropical Forests Forever Facility (TFFF) doit reposer sur des dons, pas des prêts. Au moins 20% des fonds doivent aller directement aux peuples autochtones et aux communautés locales, avec un plan de mise en œuvre dans les 12 prochains mois. Le financement n’a d’impact que si on arrête les destructions. Pas de nouveaux projets pétroliers ou gaziers dans le Bassin du Congo. Pas d’exploitation agricole, minière ou forestière industrielle dans les forêts intactes. Protégeons les tourbières. Le Fonds pour les pertes et dommages doit fonctionner dès maintenant, et être financé selon le principe du pollueur-payeur, notamment grâce à une taxe sur les surprofits des industries fossiles », martèle-t-il.
L’urgence d’une unité mondiale et de l’engagement multilatéral pour le climat
Pour sa part, Tracy Carty, experte des politiques climatiques à Greenpeace International, est d’avis que, dans un contexte géopolitique chaotique, la COP 30 doit montrer la voie vers l’unité mondiale et l’engagement multilatéral pour le climat, comme seules pistes de sortie. « Les objectifs d’émissions pour 2035 dérapent dangereusement, et les alertes sur un possible dépassement du seuil de 1,5 °C se multiplient. Les gouvernements doivent regarder cette réalité en face et combler l’écart d’émissions qui se creuse en prenant des mesures décisives sur les énergies fossiles, afin de garder l’objectif de 1,5 °C à portée », fait observer l’experte.
« Après le fiasco sur les objectifs collectifs l’an dernier, la COP 30 doit découler sur des avancées concrètes en faveur de la finance pour l’atténuation, l’adaptation, les pertes et préjudices dans les pays en développement. Cinq géants de l’industrie du pétrole et du gaz ont cumulé près de 800 milliards de dollars de profits en dix ans. A eux de payer pour l’action climatique! La COP30 doit livrer des avancées concrètes et poser clairement le principe du pollueur-payeur », indique notre interlocutrice. Elle conclut : « Ici, à Belém, l’histoire peut s’écrire. Mais seulement si nous nous engageons à faire de la COP 30 une COP à la hauteur de l’enjeu. C’est maintenant ».
