Alors que le bassin du Congo est un stabilisateur climatique mondial, les financements dédiés à son exploitation durable doivent s’accroître.
Dix ans après l’Accord de Paris, l’Ong World Wide Fund (WWF) appelle les dirigeantes réunis à la COP 30 [qui se tient du 10 au 21 novembre 2025 à Belém au Brésil] à adopter un « Paquet de Belém pour l’Afrique » ambitieux et équitable. L’objectif : garder l’objectif de de limiter le réchauffement climatique de 1,5°C à portée en renforçant les plans climatiques nationaux, en mobilisant au moins 1300 milliards de dollars par an de financements climatiques, en soutenant les communautés déjà touchées, en accélérant une transition énergétique juste et en mettant fin à la déforestation. « L’Afrique apporte des solutions. A la COP 30, il faut répondre par un financement juste et une mise en œuvre concrète », déclare le responsable Politiques et Partenariats pour WWF Afrique, Durrel Halleson, dans un communiqué de presse daté du 8 novembre 2025.
Depuis 2015, les impacts climatiques s’aggravent plus vite que l’action mondiale. L’Afrique subit de forts chocs, mais elle dispose aussi d’atouts majeurs, en l’occurrence des forêts vitales à l’échelle planétaire, un immense potentiel en énergies renouvelables, des systèmes alimentaires plus respectueux de la nature et une solide tradition de solutions portées par les communautés. La COP 30 doit être le moment où ce leadership africain reçoit des engagements réels et des financements à la hauteur, souligne WWF.
Quatre priorités du WWF
1) Des plans nationaux plus forts : Mettre à jour les plans climatiques nationaux (CDN « 3.0 ») pour qu’ils couvrent toute l’économie, soient alignés sur la science et favorisent la nature, avec des budgets clairs et prêts à être mis en œuvre ;
2) Du financement à grande échelle : Mettre en œuvre la feuille de route Bakou-Belém pour mobiliser 1300 milliards de dollars par an, doubler les financements pour l’adaptation et alimenter le Fonds pour pertes et préjudices afin d’aider rapidement les personnes touchées ;
3) Une transition énergétique juste et inclusive : Déployer des renouvelables décentralisées et des réseaux résilients pour atteindre l’accès universel à l’électricité et à la cuisson propre d’ici 2030, tout en protégeant la biodiversité et les droits des communautés concernées par les projets énergétiques et d’extraction de minerais ;
4) Des progrès d’adaptation mesurables : Adopter des indicateurs simples et concrets pour l’Objectif mondial en matière d’adaptation, accélérer les Plans nationaux d’adaptation et intégrer des approches inclusives fondées sur les écosystèmes.

Coup de projecteur : le bassin du Congo
D’après WWF, le bassin du Congo est un stabilisateur climatique mondial. Comme tel, il stocke d’importantes quantités de carbone, régule les précipitations et fait vivre des millions de personnes. Pourtant, il demeure sous-financé. Le WWF demande donc une reconnaissance formelle et des financements dédiés, y compris des mécanismes forestiers de haute intégrité et un partage équitable des bénéfices avec les Peuples autochtones et communautés locales. « Protéger le bassin du Congo est non négociable si nous voulons réellement limiter le réchauffement à 1,5 °C », souligne le directeur régional du WWF pour le bassin du Congo Laurent Some.
La justice par la terre, les droits et le financement
Le WWF insiste sur la protection des droits des Peuples autochtones et communautés locales, l’accès direct aux financements climat, la sécurisation foncière et le soutien aux solutions portées par les communautés. Les marchés du carbone doivent être transparents, équitables et apporter des bénéfices réels aux populations et à la nature. « Belém doit marquer le passage des petites étapes à l’action à grande échelle », soutient Durrel Halleson. « Avec des financements clairs, des CDN (Contributions déterminées au niveau national, ndlr) renforcées et des actions favorables à la nature, la COP 30 peut offrir un avenir plus résilient et plus juste pour l’Afrique et pour toutes et tous », conclut notre interlocuteur.
