L’activité développée par WWF-Cameroun depuis 2023 a déjà permis de créer trois pépinières de cacao comprenant près de 50 000 plants et de former 120 producteurs de cacao aux meilleures pratiques agricoles.
Face à la pauvreté extrême des communautés riveraines du parc national de Nki, à l’isolement et aux conflits homme-faune qui poussaient les populations locales vers des activités illégales telles que le braconnage et l’exploitation forestière illégale, WWF Cameroun a pris le dossier à bras-le-corps. Aidé en cela par WWF France et l’Agence française de développement (AFD), l’Ong internationale a lancé le projet : « Conservation Inclusive de la Biodiversité et des Écosystèmes par les Communautés Locales » (CIBEL) en 2023. Implémenté dans le segment camerounais de la zone Tri-nationale Dja-Odzala-Minkébé (TRIDOM), précisément au sud du parc national de Nki, il accompagne les communautés dans le développement de sources de revenus alternatives à travers quatre secteurs clés : la production durable et la valorisation du cacao, la gestion des forêts communautaires, les chaînes de valeur des produits forestiers non ligneux (PFNL) et le biomonitoring inclusif.
L’objectif global du projet CIBEL est de donner aux communautés les moyens de réduire l’impact des conflits homme-faune et de lutter contre la pauvreté endémique, en promouvant des moyens de subsistance alternatifs. A mi-parcours, plusieurs actions ont déjà été menées dans la zone en collaboration avec les peuples autochtones et les communautés locales. Sur le terrain, WWF a appuyé le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) dans la réalisation des inventaires fauniques, afin d’estimer les populations de grands et moyens mammifères dans les deux principaux parcs nationaux du TRIDOM (Nki et Boumba Bek). Des inventaires multi-ressources ont également été effectués dans trois forêts communautaires appuyées par le projet. Plus de 120 membres des communautés ont été formés aux bonnes pratiques de culture durable du cacao, tandis que des pépinières de plants de cacao ont été mises en place dans trois communautés bénéficiaires, comprenant près de 50 000 plants.

Des interventions à fort impact
Les interventions de WWF-Cameroun sont encore perceptibles à travers l’organisation des producteurs (femmes y compris) en coopératives, pour valoriser et générer des revenus à partir du cacao et des produits forestiers non ligneux. Pour promouvoir une gestion durable des forêts, WWF accompagne trois forêts communautaires, en aidant les communautés à obtenir les documents administratifs nécessaires pour exploiter légalement leur forêt et générer des revenus. Dans cette logique, WWF a soutenu la réalisation d’études socio-économiques et d’inventaires multi-ressources, ainsi que l’élaboration de plans simples de gestion pour les communautés bénéficiaires. Ces plans ont été présentés aux communautés en novembre 2025. Ces processus vont permettre aux communautés d’obtenir les documents requis pour l’exploitation légale de leur forêt.
WWF note en outre pour s’en féliciter la mise en place d’une plateforme multipartite au conseil de Moloundou, regroupant plus de 100 membres, pour promouvoir la gouvernance locale et la participation aux initiatives de développement. Sans oublier le suivi écologique inclusif sur des clairières clés, impliquant WWF, des écogardes et des membres des communautés (Baka et Bantu). En s’attaquant à la pauvreté et en promouvant des pratiques durables, le projet CIBEL conserve la biodiversité tout en transformant des vies. « Ce sont des réalisations concrètes dans nos communautés. Le projet CIBEL a appris à nos femmes comment générer des revenus à partir des produits forestiers non ligneux. Nos jeunes gagnent également de l’argent en participant aux activités de biomonitoring. Les pépinières de cacao créées dans nos communautés nous permettront de régénérer nos vieilles plantations », précise le chef de la communauté Ndongo, Emmanuel Ndonga. Et d’ajouter : « Le projet CIBEL nous a donné du sourire visages et changé la perception de notre peuple sur la conservation ».

Les avancées sur le terrain sont appréciées par les parties prenantes
Le président de la forêt communautaire ADILEM partagée par trois communautés, Pierre Ekaza, ne tarit pas d’éloges à l’endroit du projet CIBEL. « Nous sommes heureux du soutien que WWF apporte pour la relance de notre forêt communautaire. Cela nous permettra d’exploiter notre forêt communautaire et de réaliser des projets de développement dans nos communautés ». Le coordonnateur du projet CIBEL à WWF France se réjouit quant à lui, des avancées enregistrées. « Deux ans après, beaucoup de choses ont avancé. Il y a une base vie qui est opérationnelle. Il y a de nombreuses activités sur le terrain qui ont débuté. Ce que j’ai vu d’avancée surtout c’est le regard des communautés villageoises sur le projet CIBEL. Les choses concrètes ont commencé. Les gens participent, notamment le chef du village qui m’a partagé son enthousiasme et celui de sa communauté qui voit les choses concrètes sur le terrain, que ce soit sur les questions de forêts communautaires, de cacao, le début des questions liées aux produits forestiers non-ligneux, sur le suivi des clairières dans le parc national de Nki », manifeste Stéphane Ringuet.
« Il y a plein de choses qui sont en train de s’initier, qui sont concrètes et qui parlent aux communautés locales, aux peuples autochtones. Et c’est un début de fierté parce qu’on voit bien que le projet commence à montrer les premiers impacts, peut-être pas des impacts de conservation stricto sensu mais des impacts beaucoup plus liés à l’humain. On y voit l’engagement, une volonté de participer effectivement à ces activités. Les gens comprennent qu’ils ont tout à gagner à travailler par exemple d’une autre manière sur les PFNL ou sur le cacao », poursuit-il. « Notre approche sur le projet actuellement en cours, c’est de travailler sur les questions de formation en lien avec les producteurs, pour aider à les structurer et à les renforcer à travers leurs coopératives ; ce qui est essentiel, pour les accompagner à travers les fonds de roulement pour anticiper les problèmes potentiels liés à leurs propres activités, mais aussi leur permettre d’avoir un accès au marché », conclut notre interlocuteur.
