L’exercice engagé par WWF avec le soutien du ministère fédéral allemand de l’Environnement (BMUV) et l’Initiative internationale pour le climat (IKI), vise à prendre des mesures urgentes pour protéger l’intégrité des partenaires de la conservation.
Le 18 décembre 2025, il s’est tenu à Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est-Cameroun, un atelier réunissant les Organisations de la société civile (OSC) impliquées dans la lutte contre l’exploitation forestière illégale. L’activité avait pour objectif de partager et adopter une stratégie commune de protection des OSC impliquées dans la lutte contre la criminalité environnementale dans les paysages transfrontaliers du TRIDOM (forêt du parc Tri-national Dja, Minkebe-Odzala à cheval entre le Cameroun, le Gabon et la République du Congo) et du TNS (Tri-National de la Sangha) dans le sud-est du Cameroun. Il s’agit de paysages qui représentent deux importantes réserves écologiques d’Afrique centrale, riches en biodiversité et en ressources naturelles. De manière pratique, il est question d’assurer la protection des OSC engagées dans la lutte contre la criminalité environnementale, notamment l’exploitation forestière illégale.
La réunion a rassemblé plus de 10 représentants d’ONG, dont Transparency International, Greenpeace, Forêts et Développement rural (FODER) et le réseau des ONG du Sud-Est Cameroun (ROSE). Les discussions ont porté sur les outils et mécanismes visant à renforcer la protection des OSC engagées dans la détection et le signalement des crimes environnementaux dans les paysages du TRIDOM et du TNS. A WWF, l’on estime que le concours des OSC est vital dans la dénonciation et le combat des crimes environnementaux. Seulement, elles font face à plusieurs défis, en l’occurrence des institutions corrompues, des gouvernements et des élites locales hostiles, etc. Leur résilience, ajoute WWF, dépend de leur solidarité, des ressources mises à leur disposition et des cadres légaux de protection.
A l’occasion, des organisations partenaires clés de la société civile ont fait part de leurs visions respectives dans l’élaboration de la stratégie de protection. Une attention particulière a été accordée à la présentation de l’outil de protection développée par Transparency International aux OSC, ainsi qu’une formation sur son utilisation. « Cet atelier a permis de bâtir ensemble un réseau d’OSC travaillant dans les paysages du TNS et du TRIDOM. Par ailleurs, l’atelier a vu la participation d’OSC qui ont une expérience de longue date dans la lutte contre les crimes environnementaux (Greenpeace, FODER, Transparency International…). A travers leur présence, le draft de la stratégie a été enrichi, et les outils et mécanismes de protection des OSC engagées dans la lutte contre les crimes environnementaux ont été clairement identifiés et validés. Ils seront développés et les sessions de renfoncement des capacités seront organisées pour leur implémentation et dissémination », a expliqué Alphonse Ngniado, Forest and Biodev Cordinator à WWF Cameroun.

Le partenariat avec le ministère fédéral allemand de l’Environnement (BMUV) et l’Initiative internationale pour le climat (IKI) salué à sa juste mesure
Au terme de l’atelier, des recommandations opérationnelles ont été proposées pour la prévention, la surveillance, la protection des populations et la répression. Les principales recommandations ont évoqué la nécessité de renforcer les capacités et favoriser la synergie entre les acteurs luttant contre les crimes environnementaux, de consolider la confiance grâce à des rapports crédibles et fondés sur des faits et de mener des évaluations de risques approfondies avant de s’engager dans des activités de dénonciation.
Les échanges multi-acteurs de Bertoua sont adossés au projet intitulé : « Contribution à une protection renforcée des organisations de la société civile collaborant à la détection et au signalement des crimes environnementaux présumés », soutenu par le ministère fédéral allemand de l’Environnement (BMUV) et l’Initiative internationale pour le climat (IKI). L’enjeu du projet est de renforcer la sécurité des OSC impliquées dans la détection et la dénonciation des activités illicites présumées susceptibles de menacer la sécurité environnementale. Le projet souhaite également renforcer les capacités de ces organisations de la société civile pour qu’elles soient à mesure de mieux détecter les activités liées à la criminalité environnementales et de les dénoncer auprès des agents d’application de la loi.
Face à la criminalité environnementale, WWF Cameroun et ses partenaires déploient l’artillerie lourde
Le projet est mis en œuvre dans un contexte où la criminalité environnementale et faunique au Cameroun impacte la biodiversité, l’écosystème et les communautés locales. Le pays, riche en ressources naturelles, fait face à de multiples défis en matière de gestion de ses écosystèmes et de sa faune. La criminalité environnementale a des conséquences socio-économiques majeures. Les communautés locales, notamment les peuples autochtones, qui dépendent souvent des ressources naturelles pour leur subsistance, voient leurs modes de vie compromises, en raison de la destruction de ces ressources. Par ailleurs, le déclin de la faune et de la flore peut affecter les secteurs économiques tels que le tourisme, qui génère des revenus importants et des avantages concurrentiels pour le Cameroun.
Or, le gouvernement camerounais et ses partenaires nationaux et/ou internationaux sont à pied-d’œuvre pour contrer cette criminalité. L’on cite à titre d’exemple la formation et le renforcement des capacités des autorités locales, y compris les agents en charge de l’application de la loi pour lutter contre le braconnage et le trafic d’espèces sauvages, la collaboration internationale, en particulier avec les pays voisins et des partenaires comme Interpol ou la CITES, pour lutter contre le trafic transnational d’espèces sauvages. Les campagnes de sensibilisation sont également à l’ordre du jour, pour impliquer les populations dans la protection de l’environnement et des espèces menacées.
