Le mouvement féministe panafricain entend soutenir l’engagement de ces acteurs de l’ombre qui font avancer la justice climatique, lors de la foire annoncée fin février prochain à Esse.
La sixième édition de la Foire des semences paysannes de l’Afrique centrale (FOSPAC6) se tient du 27 février au 1er mars 2026 à Esse, dans le département de la Mefou-et-Afamba, région du Centre. Le thème retenu : « Les cases communautaires de semences paysannes, creuset de la sauvegarde du patrimoine génétique local : Quelle implication des communes ? » L’un des temps forts de la FOSPAC6 sera l’implication déterminante de l’Africa Climate Justice Movement (ACJM) qui regroupe les femmes issues de toutes les régions d’Afrique. « Le mouvement féministe panafricain entend supporter l’engagement des femmes et faire d’elles des acteurs dynamiques qui font avancer la justice climatique », explique la présidente du comité technique d’organisation, Marie Crescence Ngobo, par ailleurs secrétaire exécutive du Réseau des Acteurs du Développement Durable (RADD).
Lors de la foire, le mouvement féministe panafricain s’engage à renforcer les capacités des agricultrices, membres des cases communautaires de semences paysannes et gardiennes des semences paysannes, dans la diversification, la conservation et l’accès à la ressource génétique. Les cases de semences qui auront choisi les variétés à acquérir à travers la roue de la biodiversité vont suivre un atelier pratique dédié à la conservation des semences à longue durée. Elles seront également accompagnées dans la mise en pratique des modules de formation reçus.

L’ACJM frappe un grand coup à l’occasion de l’Année internationale des femmes agricultrices
L’Africa Climate Justice Movement (Mouvement pour la justice climatique en Afrique en français, ndlr) a des thématiques sur lesquelles elle travaille, notamment en lien avec l’agro-écologie. Fondé en 2022, l’Africa Climate Justice Movement est un mouvement féministe panafricain qui unit des organisations dirigées par des femmes et des éco-féministes, pour faire progresser la justice en matière de genre, de climat et d’environnement. Le RADD en est membre à travers la Convergence des Femmes Camerounaises sur le Changement Climatique (COFECCC) qui mobilise plus de 350 femmes (société civile, agricultrices, associations) pour renforcer la lutte contre le changement climatique au Cameroun. Le mouvement panafricain est financé par Global Fund for Women.
La FOSPAC6 coïncide par ailleurs avec un évènement international majeur : l’Année internationale des femmes agricultrices. A l’occasion, l’ACJM compte vulgariser l’un de ses axes d’intervention qui porte sur le renforcement des capacités et le soutien des solutions locales menées par des femmes, afin de créer des voies transformatrices pour la justice climatique, l’égalité des sexes et des communautés résilientes et inclusives. Faut-il préciser que c’est depuis mai 2024 que l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé 2026 Année internationale de la femme agricultrice. L’enjeu étant de reconnaître le rôle essentiel des femmes rurales, bien que souvent invisible, dans les systèmes agroalimentaires mondiaux. L’initiative portée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) vise à créer des synergies internationales pour soutenir les femmes dans l’agriculture. En outre, le thème de l’année interpelle la communauté internationale sur les difficultés d’accès des femmes rurales aux ressources génétiques, en ces temps de crises climatiques. Dans un contexte où les femmes représentent environ 39% de la main-d’œuvre agricole mondiale et produisent une part importante de l’alimentation mondiale, l’Année internationale de la femme agricultrice 2026 appelle à une action collective pour traduire cette reconnaissance en changements concrets et soutenir des systèmes agroalimentaires plus inclusifs, résilients et durables.
