Le potentiel solaire national peut constituer une opportunité pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et permettre au pays de réaliser les objectifs fixés dans sa Contribution déterminée au plan national (CDN).
Face à la baisse de la production pétrolière enregistrée par le Cameroun ces dernières années, l’urgence de réfléchir à des alternatives pour réduire la dépendance au diesel dans l’industrie extractive se pose avec acuité. L’exploitation des données contenues dans les rapports ITIE de 2012 à 2023 révèlent une crise pétrolière et amènent les modèles de consommation et de production d’énergie au Cameroun. A l’analyse de ces rapports, il ressort une baisse « continue » de la production pétrolière, qui est passée du pic de 34,97 millions de barils en 2015 à 23,88 millions de barils en 2023. Soit une baisse de 32%. Les raisons évoquées sont en majeur partie liées aux contraintes d’exploitation et aux chocs opérationnels, au vieillissement des champs pétroliers, entre autres. Faut-il préciser qu’après le pic observé en 2015, la production pétrolière a connu une baisse significative : 33,67 millions de barils (2016), 27,69 millions de barils (2017), 25,13 millions de barils (2018), 26 millions de barils (2019), 26,56 millions de barils (2020), 25,62 millions de barils (2021) et 24,95 millions de barils (2022).
Lors d’une conférence-débat en ligne intitulée : « SND30 et transition énergétique au Cameroun : baisse de la production pétrolière, diversification vers l’industrie minière et les minerais de la transition énergétique à la lumière des données ITIE », organisée par le comité ITIE le 5 février 2026, le solaire a été présenté comme une opportunité à capitaliser. A en croire les experts, le potentiel solaire du Cameroun force l’admiration et mériterait que l’on s’y attarde, pour réduire la dépendance aux énergies fossiles. Les chiffres officiels font état de ce que le pays dispose d’un important potentiel solaire dans sa partie septentrionale (environ 5,8 kWh/m²/jour) contre 4 kWh/m²/jour au sud. Soit une moyenne nationale de 4,9 kWh/m²/jour.

Les centrales solaires de Maroua et Guider ont permis d’économiser 41 milliards de F.CFA en 2024
Crick Nelson Zanga, ingénieur métallurgiste et expert minier, estime que le Cameroun peut faire du déclin du pétrole une opportunité. L’un des exemples patents est la mise en service de deux centrales solaires photovoltaïques modulaires d’une capacité totale de 35,8 MWc à Maroua et Guider, le 22 septembre 2023 par le ministre de l’Eau et de l’Energie (Minee), Gaston Eloundou Essomba. Dans un document publié par le Minee et retraçant quelques actions de ce département ministériel en 2024, l’on apprend que les centrales solaires de Maroua et Guider ont injecté environ 104,16 Gigawatts heures d’énergie électrique dans le Réseau interconnecté nord (RIN). Ce qui équivaut à une économie de plus de 41 milliards de F.CFA si cette énergie avait été produite à partir des centrales thermiques au gasoil comme par le passé.
Sur le plan environnemental, la construction de ces deux centrales solaires pionnières constitue l’une des actions prévues par la Contribution déterminée au plan national (CDN) du Cameroun pour la lutte contre les changements climatiques. Dans ce document de référence, le pays s’est engagé à réduire de 35% ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2035. Au-delà des projections, les experts avancent des estimations. La mise en service des centrales solaires photovoltaïques de Guider et de Maroua est capable d’éviter la production d’au moins 26 000 tonnes de CO2 chaque année.
KENFACK T.G.
