A travers la production durable du cacao et des produits forestiers non-ligneux, le projet MoMo4C clôturé récemment à Bertoua, a conclu à une autonomisation socio-économique des communautés de Yokadouma, Ngoyla et Mintom.
Les parties prenantes du projet Mobilize More for Climate MoMo4C (Mobiliser davantage pour le climat) développé dans l’espace TRIDOM se sont rassemblées le 3 décembre 2025 à Bertoua dans la région de l’Est, pour la réunion de clôture du projet en question. L’objectif était de partager les résultats clés et les leçons apprises du projet initié en 2020 et mis en œuvre dans les communes de Yokadouma, Ngoyla et Mintom, de célébrer les acquis et de recueillir des retours et recommandations pour les initiatives futures. A l’heure du bilan, les bons points mis en avant sont : la création de deux plateformes multi-acteurs, la production de cacao durable grâce aux formations et suivis réalisés, l’appui à deux modèles économiques sélectionnés dans la mise en œuvre de leurs projets et l’augmentation progressive des revenus annuels des communautés productrices (collecteurs de PFNL).
Les bénéficiaires ne tarissent pas d’éloges. « Nous avons beaucoup bénéficié. Ils nous ont accompagné techniquement et matériellement », s’est réjouie Liliane Mgbadjiga, bénéficiaire. « Nous avons travaillé sur les formations, la biodiversité et l’agriculture durable avec la mise en place des séchoirs traditionnels », a expliqué Lambert Langolo, bénéficiaire. La réunion d’évaluation de Bertoua a surtout mobilisé les groupes de producteurs de cacao et de PFNL, les représentants des trois communes concernées, les ministères sectoriels (Agriculture et du Développement Rural, Forêts et Faune et Affaires sociales), les plateformes multi-acteurs et les peuples autochtones dans trois arrondissements de Yokadouma, Ngoyla et Mintom. « Le projet a réussi à sortir quelques organisations paysannes, notamment des producteurs, d’une situation de recherche et de débrouillardise, pour en faire des acteurs économiques dans le sens propre », a exprimé Jean Paul Nlend Nkott, expert cacao de WWF-Cameroun.

Avancées majeures réalisées entre 2020 et 2025
Les résultats globaux réalisés entre 2020 et 2025 ont été présentés par Patricia Djofang, assistante en cacao durable à WWF-Cameroun. Il en ressort l’accompagnement de 10 coopératives de cacao et de profuits forestiers non-ligneux des localités de Yokadouma, Ngoyla et Mintom, la contribution à l’amélioration du fonctionnement et de la gouvernance des cooperatives, la concertation des acteurs locaux et mise en place de deux plateformes multi-acteurs fonctionnelles dans les communes de Ngoyla et Yokadouma. Il faut également noter l’encadrement de plus de 500 producteurs aux bonnes pratiques agricoles, qui a entraîné une hausse des rendements de la fève brune; ainsi que l’inclusion accrue de 150 femmes, jeunes et peuples autochtones. Le leadership féminin s’est en outre renforcé dans la transformation des PFNL et la gouvernance locale, tandis que la gouvernance a été renforcée dans six axes TRIDOM via les sauvegardes environnementales et sociales et le mécanisme de plaintes.
La création des pépinières de cacao et des arbres fruitiers de plus de 30 000 plants est à saluer. Sans oublier l’augmention de revenus des populations locales et des peuples autochtones, grâce à la hausse des rendements et de la qualité et l’émergence de deux business cases majeures, en l’occurrence Sococam et Net’Zero. Pour la campagne 2025-2026 par exemple, la production et vente du cacao a généré plus de 22 millions de F.CFA à Sococam. Net’Zero de son côté a initié un projet de restauration des sols à l’aide du biochar. Un autre résultat à capitaliser est l’intégration progressive de la résilience climatique et l’amélioration de la gestion des cooperatives, notamment les aspects liés à la gouvernance, aux finances et à la comptabilité (cas pratique de Sococam).

L’approche paysagère vulgarisée
Quant aux leçons apprises, l’on va noter la viabilité des coopératives, avec un accompagnement continu et structuré. Les innovations agro-écologiques (biochar) sont très efficaces et attractives. L’inclusion des femmes, jeunes, et peuples autochtones améliore la durabilité des résultats. Enfin, les fluctuations des prix du cacao exigent une éducation financière soutenue.
L’activité organisée par World Wide Fund (WWF) se tenait dans un contexte où, depuis plus de deux décennies, l’Ong internationale de protection de l’environnement travaille aux côtés du gouvernement camerounais pour préserver les paysages écologiquement fragiles, notamment le segment TRIDOM du Cameroun. La particularité de l’approche MoMo4C était d’utiliser l’approche paysagère afin de garantir que la zone bénéficie non seulement d’une gestion durable du cacao cultivé sous ombrage et des PFNL, mais aussi du développement de modèles économiques pour la résilience climatique et des projets de développement durable. Ces projets, intégrés dans des approches à l’échelle du paysage, contribuent à attirer des investisseurs publics et privés, locaux et internationaux.
A en croire WWF, MoMo4C est un projet qui, dans sa lettre et son esprit, vise à rassembler des entrepreneurs, des entreprises, des décideurs politiques, des investisseurs et des organisations de la société civile pour faire des propositions de projets verts. Le projet a œuvré dans les domaines suivants : production durable de cacao, collecte et transformation durable des PFNL et foresterie communautaire. La pérennité du projet sera assurée par le renforcement de la collaboration entre les acteurs du paysage et les partenaires pour un engagement continu dans les initiatives résilientes au climat.
