Une formation dispensée en mars dernier a permis de déployer des technologies et des patrouilles afin de protéger les moyens de subsistance, l’alimentation et la vie marine.
Du 5 au 12 mars 2026, Environmental Justice Foundation (EJF) a travaillé aux côtés de deux associations de cogestion des pêcheries nouvellement formées à Yoyo et Mbiako, deux petits villages de pêcheurs situés sur la côte atlantique du Cameroun, dans la région Littoral. L’enjeu était d’observer et évaluer la manière avec laquelle ces groupes renforcent la gestion locale des pêcheries et forment des équipes de patrouilleurs à l’utilisation de l’application DASE développée par EJF pour documenter et signaler les cas de pêche illicite, non déclarée et non réglementée. « Cette pêche illicite a directement nui aux communautés côtières du Cameroun, entraînant un déclin des populations de poissons. Cela réduit les revenus des pêcheurs locaux et signifie en fin de compte moins de nourriture sur la table. Si elle n’est pas contrôlée, elle peut détruire les habitats marins et menacer la durabilité à long terme des pêcheries artisanales », a expliqué l’Ong internationale dans un communiqué de presse daté du 17 mars 2026.
La mission, a-t-on appris, s’inscrivait dans le cadre d’un projet financé par l’Union Européenne (UE), qui vise à aider les communautés à gérer leurs eaux de manière responsable. Sur le terrain, neuf personnes de chaque communauté ont été formées huit jours durant à l’utilisation de l’application DASE. Les équipes étaient constituées des dirigeants communautaires locaux, des employés du parc et d’un fonctionnaire du ministère de l’Elevage, des Pêches et des Industries animales (MINEPIA). 20 pêcheurs à Yoyo et 26 pêcheurs à Mbiako ont également été formés à l’utilisation de l’application. La démarche vise à permettre à l’ensemble de la communauté de participer à la surveillance des activités de pêche. « Le renforcement des patrouilles communautaires donne aux pêcheurs les outils nécessaires pour défendre leurs eaux, reconstituer les populations de poissons et assurer leur avenir », martèle EJF.

Une concrétisation des élections facilitées par EJF en août 2025
Au cours de la mission, EJF a également apporté un financement direct aux Comités Riverains de Gestion Participative (CRGP) de Yoyo et Mbiako, afin de soutenir la gestion des pêcheries et la surveillance côtière menées par les communautés. La visite s’est appuyée sur les élections à la direction facilitées par l’EJF en août 2025, qui ont renforcé la responsabilité et la gouvernance inclusive, garantissant une gestion transparente et responsable des fonds.
« Ces subventions transforment le leadership communautaire en actions concrètes. En soutenant les patrouilles de surveillance côtière aux côtés des autorités locales, nous donnons aux communautés les outils dont elles ont besoin pour lutter contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée dans leurs eaux côtières. Cela contribuera à reconstituer les populations de poissons, à alléger la pression sur les pêcheries locales et à garantir un accès équitable aux ressources marines pour les communautés qui en dépendent », a déclaré Will May, coordinateur du programme EJF.
A sa suite, Nsowa Immaculate Munkeng, responsable du programme pour l’Afrique francophone à l’EJF, a ajouté : « La pêche durable est plus forte lorsque les communautés sont au centre de la prise de décision et de l’application de la loi. Donner du pouvoir aux petits pêcheurs est synonyme de succès pour le peuple camerounais et notre océan commun ».
