La spéculation était jusqu’à une époque récente cultivée (exclusivement) dans la zone septentrionale du pays.
Désormais, il est possible de cultiver le sorgho dans la zone de forêt à pluviométrie bimodale de l’Est-Cameroun. La prouesse est rendue possible grâce à l’Institut de recherche agricole pour le développement (IRAD). Sur une parcelle de 25 hectares rendus disponibles à Bertoua (région de l’Est) dans le cadre du Plan intégré d’import-substitution agropastoral et halieutique (PIISAH), l’institution dirigée par le Dr. Noé Woin va expérimenter des semences de sorgho de diverses variétés (S35, Niathitiana, CS34, Zouaye, Damougari, F4DT298 et Séguifa). Il s’agit de variétés à haut rendement et résistantes aux maladies et aléas climatiques. L’objectif est d’assurer une sécurisation renforcée du matériel génétique des variétés de sorgho, menacées par les aléas climatiques graduels et l’insécurité qui plane dans la zone soudano-sahélienne du nord-Cameroun.
Trois mois après leur mise en terre, les tiges des premières parcelles portent déjà des panicules fournies de graines de sorgho près pour la récolte. Les chercheurs de la Station IRAD de Bertoua rassurent que les 25 ha vont produire 100 tonnes de semences de base de sorgho en moyenne, soit quatre tonnes par hectare. « Les 100 tonnes issues de ces 25 ha seront remises aux multiplicateurs de semences pour ensemencer 5000 ha (soit 25kg par ha) et produire 20 000 tonnes de semences certifiées », confie le Dr. Augustin Mewounko, chercheur au sein de cette structure opérationnelle. « Nous invitions les populations de la région de l’Est à recourir à la production du sorgho qui regorge beaucoup d’atouts nutritionnels et économiques », ajoute le chef de station, Dr. Sylvie Carole Ntyam Epse Ondo. Produit jusqu’ici dans la zone septentrionale du pays, le sorgho pourra ainsi être disséminé en zone forestière.
