Les deux organisations de conservation viennent de lancer un livre photos, dans lequel elles présentent les bonnes pratiques des femmes qui se distinguent par des pratiques contraires au modèle extractif.
Le 19 mars 2026, WoMin et Green Development Advocates (GDA) ont organisé un webinaire de lancement du livre photos : « Dans l’étreinte de la Terre ». L’activité qui est adossée à la célébration de la Journée internationale des forêts, le 21 mars, célèbre les femmes Baka des communautés des forêts tropicales du Bassin du Congo, qui couvre 300 millions d’hectares dans six pays différents. Le livre photos produit conjointement par WoMin et Green Development Advocates (GDA) documente la vie quotidienne des communautés Baka des villages Assoumdele, Akom, Zoulabot et Odoumou, dans la localité de Djoum (région du Sud-Cameroun). Les images réalisées par l’artiste camerounaise Ethel Tawe illustrent la force et la résilience des femmes Baka, qui travaillent sans relâche à la protection de la forêt, précise WoMin. Le livre de photos s’inscrit également dans le cadre de l’engagement de WoMin à promouvoir des alternatives de développement écoféministes africaines enracinées dans les expériences et les connaissances des femmes africaines, qui sont à l’avant-garde d’un mouvement en faveur d’un avenir juste pour toutes les formes de vie.
Les échanges ont permis de se rendre à l’évidence qu’au cœur de la plus grande forêt tropicale d’Afrique, les femmes Baka, gardiennes de la forêt, mènent la résistance contre la destruction de la nature causée par le modèle de développement extractif, en soutenant des formes communautaires de propriété et de production, en préservant les connaissances intergénérationnelles et les soins communautaires profonds. En défendant leurs droits et l’environnement, elles présentent également une alternative à l’extractivisme, fondée sur la gestion durable des ressources naturelles et la protection des biens communs.
Plaidoyer pour la préservation des savoirs intergénérationnels
Dans son propos de circonstance, Eliana Nzualo de WoMin a vanté les services écosystémiques des forêts dans la pharmacopée traditionnelle, l’amélioration des conditions de vie et de bien-être ainsi que les moyens de subsistance des communautés riveraines. Le document qui présente les réalités vécues sur le terrain, met également l’accent sur l’équité sociale. « Les femmes Baka n’ont pas une logique extractiviste. Elles vont plus dans la forêt pour avoir une connexion profonde avec la nature », a souligné Alain Fabrice Mfoulou, spécialiste des questions foncières et forestières à GDA.
Pourtant, des menaces sur les forêts persistent et signent, surtout les projets d’extractivisme comme la construction des barrages, des infrastructures…qui ont changé la physionomie des paysages et causé les déplacements (forcés) des communautés riveraines. WoMin encourage à préserver les savoirs intergénérationnels et à créer des mécanismes pour protéger les communautés, leurs conditions de vie et leurs moyens de subsistance. Eliana Nzualo évoque l’urgence de mener une croisade en synergie pour la protection des forêts, afin d’éviter que demain ne soit trop tard.
Lors de la session d’échanges, les actions/interventions de GDA pour renforcer les capacités des communautés et peuples autochtones à renforcer leurs liens étroits avec la forêt, ont été magnifiées. Le cas le plus patent est le rôle de l’OSC dans l’accompagnement des communautés à revendiquer leurs droits face au projet agro-industriel développé par Camvert dans les localités de Campo et Niété dans l’Océan.
