Romain Foula, assistant technique à Nature+, s’exprime sur les enjeux et les retombées d’un atelier organisé récemment à Lomié sur la plus-value économique des PFNL.
Pouvez-vous nous parler du projet NaturAfrica_Tridom et expliquer les motivations de l’atelier organisé à Lomié du 26 au 27 mars 2026 ?
Le projet NaturAfica_Tridom financé par l’Union européenne s’intitule : « Conservation inclusive dans les paysages gabonais et camerounais du TRIDOM ». Il est mis en œuvre au Cameroun par le consortium Nature+, Global Conservation et Noé, à la périphérie des réserves de faune du Dja et de Ngoyla. L’objectif global est de réduire la perte de la biodiversité tout en améliorant de manière durable les conditions de vie des communautés vivant dans ce paysage.
Il a trois produits principaux à savoir : le suivi écologique dans les concessions forestières en vue d’une meilleure gestion de la faune, la contribution à la surveillance du territoire et à la lutte contre la criminalité faunique et enfin faire évoluer les modèles de gestion forestière et favoriser la diversification des activités économiques durables et inclusives. Cet atelier est organisé dans le cadre du produit 3 à la suite d’un état des lieux fait par les experts de Nature+, d’une concertation avec les autres projets et PTA actifs dans la zone et à la demande de communautés locales et peuples autochtones (CLPA) regroupées en associations, GIC et coopératives.
Est-ce qu’il s’agit d’un atelier de plus ? Autrement dit, quelle est la spécificité de cette activité ?
La particularité de cet atelier est qu’en plus du renforcement des capacités sur toutes les étapes de la collecte à la commercialisation des PFNL, il réunit autour d’une même table tous mais alors tous les acteurs de cette filière. Ce qui est inédit dans le département du Haut-Nyong en général et dans l’arrondissement de Lomié qui est un grand bassin de production des PFNL.
Quelles sont les principales réussites de cet atelier, en dehors de l’organisation ? sont
L’une des réussites de l’atelier de Lomié est le développement du modèle de concession 2.0 par la mise en relation des sociétés forestières concessionnaires des UFA dans cette zone, avec les communautés locales et peuples autochtones riveraines organisées en coopératives et GIC, en vue d’un meilleur accès aux PFNL. Il faut également relever l’appui à la commercialisation des PFNL, à travers la mise en relation de ces organisations de collectrices avec des acheteurs légaux, pour un meilleur accès aux marchés national et international. Que dire de l’appui institutionnel par les représentants de l’administration forestière pour les documents légaux de collecte et de transport, d’où les débats intéressants sur les tracasseries administratives et routières. Une autre réussite est relative à l’encadrement et au suivi des communautés, à travers la planification de la saison 2026 et les projets de signature des MoU tant avec les acheteurs légaux que les sociétés forestières qui étaient à l’atelier. Enfin, en plus des grandes marmites offertes à tous les groupes présents pour la cuisson du Djansang, les participants sont repartis très satisfaits par la présentation de l’ingénieur recruté par Nature+, qui sera basé sur place pour l’appui à la filière PFNL dans le département du Haut-Nyong.
Après l’atelier, quelles sont les perspectives ?
Les perspectives sont reluisantes, notamment l’appui logistique de Nature + à travers le don annoncé d’une moto, d’un ordinateur, des fournitures de bureau et du matériel de terrain pour la transformation des PFNL à la coopérative Centre Vert de Lomié qui fédère plus de 17 groupes Bakas et Bantous dans les arrondissements de Ngoyla, Messock, Lomié et Dja. Il y a lieu de relever aussi l’encadrement des communautés et la médiation de Nature+ en vue de la signature des protocoles de cogestion des PFNL entre les CLPA riveraines et les entreprises forestières SIM et SEFECCAM, à l’instar de celle déjà signée avec PALLISCO pour un meilleur accès aux PFNL dans les UFA 10-036 et 10-054. On ne saurait passer sous silence l’accompagnement des communautés et le suivi auprès de l’entreprise Eco Trading, en vue de la signature avant le début de la saison en juillet d’un accord commercial juste, équitable, durable et bénéfique pour les deux parties. Le suivi permanent des communautés locales par l’agent d’appui et l’assistant technique de Nature + en vue de la valorisation des PFNL et de la dynamisation de la filière n’est pas en reste.
INTERVIEW REALISEE PAR LA REDACTION
