La formation s’est déroulée les 25 et 26 mars 2026, pour une meilleure appropriation et élaboration des documents techniques dans les métiers du bois.
La capitale économique du Cameroun, Douala, a abrité un atelier de formation de 25 artisans du bois, initié par la Fédération camerounaise des associations et des professionnels de la seconde transformation du bois (FECAPROBOIS), du 25 au 26 mars 2026. L’activité portait sur le thème : « Appropriation et élaboration des documents techniques dans les métiers du bois ». L’objectif était d’arrimer les participants aux standards, pour bénéficier de la commande publique au Cameroun. Les modules de formation ont porté sur l’entreprise de bois moderne, avec pour objectif de structurer l’atelier comme une entreprise pour sécuriser les contrats et éviter les litiges financiers avec les clients.
Le module dédié au bureau d’étude permet de maîtriser le passage de l’idée au dessin technique précis (plans, épures) pour garantir la conformité du produit final aux attentes du client. Le bureau de méthode (clé de rentabilité) aide l’artisan à organiser de façon rationnelle les étapes de fabrication du bois, pour gagner du temps et assurer une qualité constante sur chaque pièce. La gestion de la matière et traçabilité a permis d’apprendre à remplir la feuille de débit et la fiche de sortie matière, pour optimiser l’utilisation du bois (réduction des déchets) et prouver l’origine légale du bois.

L’atelier de Douala, indique le trésorier de la FECAPROBOIS, Basile Kodjo, cadre avec le souci de se rassurer que le bois qui sort des forêts camerounaises vise à faire un travail légal et de qualité. Le Cameroun est un pays producteur de bois. Malheureusement, ce qui choque est la présence des meubles importés dans les bureaux des ministères et administrations publiques et privées, regrettent les experts. Au niveau du ministère des Forêts et la Faune (MINFOF), l’on affirme que des avancées sont observées dans le sens de l’interdiction de l’exportation du bois sous forme de grumes et l’opérationnalisation du Système information de gestion des informations forestières de deuxième génération (SIGIF 2). Parce que la FECAPROBOIS est convaincue que le bois fait partie des économies de la forêt, la formation va permettre aux participants de travailler de façon professionnelle, pour produire des meubles compétitifs sur le marché.
L’activité s’inscrit dans le cadre du projet : « Faire progresser la gouvernance forestière et minière pour réduire la contribution du commerce du bois et de l’exploitation minière à la déforestation au Ghana, au Liberia et au Cameroun ». Ledit projet est mis en œuvre par le consortium Nature Development Foundation (NDF) et Knowledge World Conservation (KWC) au Ghana, Liberia Chainsaw and Timber Dealers Union (LICSATDUN) au Liberia et la FECAPROBOIS au Cameroun.
LA REDACTION
ILS ONT DIT…
« Les artisans locaux vont avoir plus de visibilité dans leur métier »

Tabi Derric Tabe, contrôleur régional numéro un à la brigade régionale du ministère des Forêts et de la faune du Littoral.
« Après cette formation, les artisans locaux vont avoir plus de visibilité dans leur métier. Par ailleurs, beaucoup d’entre eux vont s’inscrire dans l’association. Et le fait que le Mimpmeesa et la Chambre de Commerce soient à leurs côtés va offrir plus d’opportunités de voir leurs produits sur le marché national. L’autre fait remarquable c’est que dans la présentation de la FECAPROBOIS, il y a cette possibilité d’avoir l’exonération d’importation des machines de transformation de bois de seconde main. Plusieurs artisans travaillent avec des machines vétustes. S’ils importent des machines d’occasion, je suis sûr que leurs produits finis vont être de bonne qualité ».
« Les menuisiers vont mieux compétir lors des commandes publiques »

Jean Gouade, chef service régional de l’artisanat et de migration du secteur informel au Minpmeesa pour le Littoral.
« La plus-value de ce genre de formation réside plus dans les prérequis que les artisans bois ont besoin pour compétir à la commande publique. Le besoin qui nécessite une meilleure éligibilité à la commande publique, c’est connaître l’origine de son produit et le maîtriser, afin de maîtriser les coûts de production. La connaissance de ces quelques éléments pourra leur permettre de mieux compétir lors des commandes publiques et mieux modeler leur factures et de livrer les produits conformes. Ils devront aussi savoir que l’accès à la commande publique est conditionné par l’état formaliste. Il faudrait que l’acteur concerné ait un dossier fiscal conforme. C’est une entreprise qui est éligible à la commande publique et non un individu. Le Minpmeesa reste ouvert et disponible pour orienter les potentiels artisans qui souhaiteraient migrer et se formaliser ».
« Le marché est pollué par des produits de mauvaise qualité »

Georges Djoumessi, directeur des Ets Djoumessi et Fils.
« Je tiens d’abord à remercier la FECAPROBOIS et les financiers qui ont fait des efforts pour que ce projet soit mis sur pied. Pour ce qui est de la formation, elle permettra aux menuisiers, qui pour la plupart ont appris sur le tas, de s’outiller en documents, de comprendre déjà ce qu’est un document, d’élaborer un document pour booster leur production, de gagner en temps de fabrication et d’économiser la matière première. Qu’on le veuille ou pas, les menuisiers formés sur le tas ont trop de problèmes que ceux formés dans les instituts universitaires privés ou étatiques. Ce qui n’est pas toujours bien parce qu’ils n’arrivent pas à bien élaborer les documents, les bons coûts de revient. Et c’est un préjudice pour eux, y compris pour ceux qui sont allés à l’école, parce qu’à chaque fois, leurs produits vont être biaisés sur le marché. A la longue, ils ne s’en sortent pas. Et ceux qui sont sur le marché et ont de bonnes connaissances ne s’en sortent pas parce que le marché est déjà pollué par des produits de mauvaise qualité et à bas coûts. Cette formation aura une plus-value pour les menuisiers sur le tas. Pour ceux formés dans les circuits formels, ils vont se mettre aux standards ».
REACTIONS COLLECTEES PAR LA REDACTION
