La décision a été prise le 6 février 2026 suite à la détection des cas d’immatriculations frauduleuses effectuées au moyen d’applications non autorisées.
Depuis le 6 février 2026, les immatriculations des engins flottants appelés à naviguer hors des eaux territoriales camerounaises sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. L’information communiquée par le ministre des Transports, autorité maritime nationale, Jean Ernest Masséna Ngalle Bibehe, fait état de ce que, suite aux vérifications en cours sur le registre maritime, plusieurs cas d’immatriculations frauduleuses effectuées au moyen d’applications non autorisées, ont été détectées. « Le gouvernement de la République du Cameroun dénonce cet usage frauduleux du pavillon national et décline toute responsabilité à l’égard de ces actes répréhensibles », fait observer le ministre.
Le communiqué du ministère des Transports indique que, dans l’attente de l’aboutissement de la réforme visant à renforcer le cadre juridique en la matière, les immatriculations de ces engins flottants sont suspendues, sans préjudice des sanctions qui pourraient être prises à l’encontre des armateurs indélicats. Le 4 février 2026, l’ambassadeur du Cameroun à Bruxelles a adressé une correspondance à Yaoundé, précisant des « inquiétudes » européennes face au nombre de navires sous pavillon camerounais intégrés à la « flotte fantôme », au moment où les capitales occidentales renforcent la surveillance de ces bâtiments à l’échelle internationale.
En décembre 2025, l’Ukraine a sanctionné trois navires battant pavillon camerounais appartenant à cette « flotte fantôme », impliquée dans le transport du pétrole russe. En 2023, la Commission européenne a adressé un « Carton rouge » au Cameroun, en l’identifiant comme pays non coopérant dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). Raison invoquée par l’Union européenne : « le Cameroun continue d’enregistrer des navires de pêche sous son pavillon sans démontrer sa capacité à contrôler et à surveiller efficacement leurs activités de pêche, en particulier lorsqu’ils opèrent en dehors des eaux camerounaises ». A en croire la Coalition pour des accords de pêche équitables (CAPE), parmi les navires battant pavillon camerounais, figuraient une douzaine de chalutiers détenus ou gérés par des sociétés basées dans des Etats membres de l’UE, notamment la Belgique, Malte, la Lettonie et Chypre. Cette situation perdure, alors qu’un système d’immatriculation maritime numérique est en vigueur au Cameroun depuis le 2 décembre 2024.
