La démarché engagée par l’ONUDI ambitionne d’améliorer l’infrastructure qualité nationale et de soutenir la compétitivité de ces filières à fort potentiel économique.
Dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Promotion de la compétitivité des produits camerounais et des partenariats commerciaux internationaux, par le renforcement des technologies de pointe » (PICS Cameroun), une formation spécialisée sur la mise en œuvre du système de management des laboratoires selon la norme ISO/IEC 17025 : 2017 en vue de l’accréditation, s’est tenue du 13 au 17 avril 2026 à Douala. L’activité vise a été organisée par l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI), afin de renforcer la qualité et la fiabilité des services de laboratoire d’étalonnage et d’essais au Cameroun. L’initiative s’inscrit dans les efforts du projet PICS Cameroun, visant à améliorer l’infrastructure qualité nationale et à soutenir la compétitivité des filières cacao et café.
La formation a été animée par Mme Mona Makhlouf, métrologue et évaluatrice internationale ISO/IEC 17025 : 2017, qui cumule plus de 25 ans d’expérience dans les domaines de la métrologie, de l’accréditation et des systèmes de management de la qualité. Son parcours révèle qu’elle a accompagné de nombreux laboratoires en Afrique et en Europe, vers l’accréditation et l’amélioration continue de leurs performances.

Une démarche pour réaliser les objectifs du projet PICS Cameroun
Pendant cinq jours, 24 participants issus du Laboratoire National d’Analyse et de Diagnostic (MINADER), des laboratoires du Centre de Recherche en Alimentation, Sécurité Alimentaire et Nutrition de l’Institut des Recherches Médicales et des Plantes Médicinales et de l’Institut de Recherche Agricole pour le Développement (MINRESI), du Laboratoire National de Contrôle de Qualité des Médicaments et d’Expertises (MINSANTE) et de l’Agence des Normes et de la Qualité (ANOR), ont revu leurs copies. Ils ont ainsi approfondi leur compréhension des exigences de la norme ISO/IEC 17025 : 2017, des principes d’impartialité, de confidentialité et de compétence technique, ainsi que des démarches pratiques nécessaires à la préparation d’un projet d’accréditation. Sur le plan technique, la formation a combiné présentations, échanges d’expériences et ateliers pratiques, pour favoriser une appropriation concrète des outils de management de la qualité.
En contribuant au renforcement des capacités humaines et techniques des laboratoires, la formation soutient directement les objectifs du projet PICS Cameroun, qui vise à améliorer la qualité des services, à renforcer la confiance dans les résultats d’essais et d’analyses et à faciliter l’intégration des produits camerounais sur les marchés nationaux et internationaux. Elle constitue une étape importante vers la promotion de laboratoires compétents, crédibles et alignés sur les standards internationaux.
LA REDACTION
IlS ONT DIT…
« On minimise les délais et les coûts pour s’assurer que notre produit soit conforme et concurrentiel »

Mona Makhlouf, experte des questions de qualité et métrologie.
« Dans le contexte économique actuel, l’intérêt qu’il y a à mettre les laboratoires nationaux à niveau quant à la maîtrise de ce système de management repose sur deux volets : la protection du consommateur local et l’exportation du produit, surtout le cacao et le café dans le cadre du projet PICS Cameroun. En ce qui concerne l’exportation ou l’ouverture des marchés sur le plan international, le Japon par exemple a une réglementation d’acceptation d’un produit provenant de n’importe quel pays du monde. Pour être concurrentiels, les laboratoires ou les moyens de contrôle de l’Etat doivent répondre à ces besoins, pour que notre produit ne soit pas mis en quarantaine au Japon. Sinon on perd du temps, du stockage à la douane, dans la libération de ce produit-là, avec les risques que cela comporte. Pour minimiser et optimiser les coûts et éviter le retour d’un produit qu’on expédie, une reconnaissance de nos résultats devra être présente. Et c’est ce qu’on essaie de faire dans ce projet. On minimise les délais et les coûts, et on s’assure que notre produit soit conforme et concurrentiel. J’apprécie la méthodologie de l’ONUDI à mener ce projet, car elle permet de tenir plusieurs réunions pour choisir les actions à mettre en place et les étapes à suivre pour avoir des résultats efficaces. Que ce soit en écoutant tout le monde, en essayant de diversifier les essais entre un laboratoire et un autre. Par exemple, ce n’est pas la peine que tous les laboratoires soient accrédités sur les mêmes déterminations ou sur les mêmes éléments. Par contre, on a 800 éléments, donc on peut diversifier et essayer de contrôler le maximum ou harmoniser les pratiques d’une part, et aussi diversifier la réponse à des prestations spécifiques. Je trouve que la méthodologie du projet est très cohérente et efficace ».
« Il est important d’avoir un personnel bien qualifié pour exercer dans les règles de l’art »

Ndive Ngoni Charles, responsable du laboratoire de l’Office national du cacao et du café (ONCC).
« Dans notre secteur, on parle de la qualité comme un aspect majeur. Parler de la qualité veut dire le laboratoire. Et dans un laboratoire, il ne suffit pas seulement d’avoir un bon plateau technique pour mener nos activités, mais un personnel bien qualifié et outillé pour exercer dans les règles de l’art, répondre aux exigences du marché, mais surtout sortir des résultats acceptés par tous. D’où la bienvenue de ce projet PICS-ONUDI, car la formation vise à nous inculquer les bonnes pratiques de management qualité dans nos différents laboratoires. Si les objectifs de ce projet sont atteints, les laboratoires qui s’impliquent dans la filière cacao-café auront un bon moyen de travail qui va respecter les normes et standards internationaux. On n’a jamais eu une telle formation. Et quand on voit la qualité des formateurs et les modules, je pense que quelque chose va changer d’ici peu ».
« La formation permet d’avoir des connaissances suffisantes pour lancer la procédure d’accréditation »

Larissa Mewekam, laborantin à la Compagnie de Génie Industriel (CGI) Sarl.
« La formation va nous permettre déjà de connaître les contours pour la certification de notre entreprise. Parce qu’avant d’arriver ici, on ne savait pas la différence entre la certification et l’accréditation. Cette formation nous a permis de savoir quelle est cette différence et comment procéder. Par exemple, pour un laboratoire d’étalonnage comme le nôtre, on sait maintenant qu’on ne peut pas parler de certification, mais plutôt d’accréditation du laboratoire. La certification a trait à un produit. Cette formation nous permet d’avoir des connaissances suffisantes pour pouvoir lancer la procédure d’accréditation et de pouvoir être accrédité. Parce qu’un laboratoire accrédité veut dire qu’il est compétitif et capable d’exercer ses activités à l’international ».
PROPOS RETRANSCRITS PAR LA REDACTION
