Le village situé à Edéa 1er sollicite la mise en œuvre d’une décision du MINDCAF pour la création d’une commission pour reconstituer les bornes des titres fonciers attribués à la Socapalm le 10 août 1960. L’audience a été renvoyée le 2 juillet 2026.
Le 4 juin 2026, plus d’une centaine d’hommes et femmes originaires de la communauté Apouh à Ngog dans l’arrondissement d’Edéa 1er, dans le département de la Sanaga-Maritime, région du Littoral, ont investi le tribunal administratif du Littoral à Douala. C’était pour faire entendre leur voix dans une affaire qui les oppose à l’Etat du Cameroun. Les habits noirs qu’ils portaient étaient évocateurs de leur indignation. Une indignation qu’ont laissé transparaître les messages écrits sur leurs t-shirts : « Ma terre c’est ma vie », « Nous voulons nos terres ancestrales », pouvait-on lire.
La genèse du dossier est expliquée par le conseil des populations, Me Jean Marc Touon Mbenoun. Le 20 septembre 2023, le Ministre des domaines, du cadastre et des affaires foncières (MINDCAF) a demandé au préfet de la Sanaga-Maritime de mettre sur pied, avec les services compétents du MINDCAF, une commission pour reconstituer les bornes des titres fonciers que la Socapalm avait eus le 10 août 1960. Les titres fonciers concernés sont les suivants : 183 SN, 184 SN, 195, 196, 197 SN. Face à l’inertie de l’administration qui n’a pas pu donner suite à la mesure ministérielle, le chef du village, Sa Majesté Ditope Lindoume, a pris l’initiative de traîner l’Etat devant la juridiction administrative. Selon ce qui filtre, l’autorité traditionnelle estimerait que les cinq titres fonciers doivent être annulés.

Les actes administratifs mis en cause, pour excès de pouvoir
Face à ce que le conseil de la communauté Apouh qualifie de contentieux en annulation pour excès de pouvoir, ce dernier reste tout de même lucide. « Je ne suis pas de ces conseils qui font des jeux de dupes. La justice sociale, c’est aussi bien pour les acteurs étatiques que pour les privés que nous sommes. Il est constant que demander l’annulation d’un titre foncier issu du 10 août 1960 serait exagéré. En l’espèce, ce qu’il y a lieu d’annuler, ce sont les empiétements. Ce qu’il y a lieu de rétrocéder, ou de repartir, ou tout au moins de permettre aux populations riveraines de récupérer, ce sont les superficies empiétées », présente Me Touon Mbenoun. « C’est un procès de l’humanité qui s’ouvre, et je demande aux uns et aux autres de rester dans cette humanité. Beaucoup d’entre vous, vous faites dans l’humanitaire, c’est-à-dire dans l’associatif. L’associatif, c’est de vivre ensemble, aussi bien les institutions que les populations », poursuit l’avocat.
Quant à la raison pour laquelle l’Etat du Cameroun est traîné en justice, le conseil, une fois de plus, apporte des clarifications. « Socapalm est une société d’État, et nous n’avons pas voulu orienter l’action uniquement contre Socapalm. Il faut bien comprendre l’enjeu là-dedans : c’est que les décisions, qu’il s’agisse de titres fonciers, qu’il s’agisse des arrêtés du Ministre, il s’agit d’actes administratifs qui sont pris par l’Etat du Cameroun », motive Me Touon Mbenoun. Notre source renchérit, en indiquant que l’entrée en scène de l’Association des femmes riveraines de la Socapalm Edéa (Afrise) en intervention volontaire comme partie au procès dans les semaines à venir, est envisageable. En attendant, l’affaire, objet du recours N° 231/RG/FD/25 du 8 septembre 2025, a été renvoyée au 2 juillet 2026, compte tenu des aléas liés au manque d’énergie électrique dans la salle d’audience.
LA REDACTION
