Les travaux tenus du 8 au 10 juillet 2026 ont suggéré que les experts comptables se positionnent davantage dans l’évaluation réelle des richesses du sol, du sous-sol et des ressources naturelles, pour renforcer la position de la RDC dans le commerce mondial des produits manufacturés.
Du 8 au 10 juillet 2026, Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo (RDC) a abrité les deuxièmes assises doctorales et professionnelles de l’Ordre des experts comptables africains. L’activité organisée par l’Ordre national des experts comptables de la RDC était placée sous le thème : « Le professionnel comptable, acteur clé de la croissance économique et de la transparence financière ». Invité à cet évènement, le Chef des initiatives sous-régionales au bureau Afrique centrale de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), Dr. Adama Ekberg Coulibaly, a convoqué trois chiffres alarmants pour le continent africain. Primo, 95% du tissu privé africain est constitué de PME, largement invisibles et sans données ni accès aux financements. Deusio, aucune entreprise africaine ne figure dans le top 100 mondial, que ce soit une grande entreprise ou une PME malgré l’opérationnalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Tertio, la RDC dispose d’un patrimoine de classe mondiale, d’un sous-sol parmi les plus denses au monde, mais non inventorié encore moins valorisé dans les comptes publics.
« Nous sommes venus porter un message d’opportunité aux experts comptables. Nous sommes aujourd’hui à un tournant décisif. L’opportunité est donnée à la profession des experts comptables de la RDC de prendre toute la mesure de ses responsabilités afin de rétablir une lecture plus juste de l’économie africaine », a précisé Dr. Adama Ekberg Coulibaly. La RDC a, selon notre source, tout intérêt à améliorer son image. « Il s’agit de montrer à la face du monde que la RDC est une économie centrale, non seulement pour le continent africain mais aussi à l’échelle internationale. C’est une économie pivot qui permettra au continent africain de s’engager sur une nouvelle trajectoire, une trajectoire d’économie décarbonée et digitalisée, parce que la RDC détient, dans son sol, son sous-sol et au-dessus de son sol, les éléments de réponse aux défis climatiques mondiaux. Ce que nous appelons aujourd’hui le capital vert de la RDC constitue une solution majeure pour la stabilisation du climat planétaire », a martelé l’économiste senior à la CEA.

Les experts comptables doivent se positionner dans l’évaluation réelle du capital naturel de la RDC
Toujours est-il qu’une rupture s’impose au niveau du champ d’intervention des experts comptables. « Pour industrialiser la RDC et, au-delà, le continent africain, il faut opérer une véritable rupture avec les pratiques du passé, en valorisant suffisamment les ressources dont nous disposons », a ajouté Dr. Adama Ekberg Coulibaly. D’après notre interlocuteur, les experts comptables doivent aller au-delà de simples contrôles de la sincérité des comptes, et apprendre à évaluer les richesses du sol et du sous-sol ainsi que les ressources naturelles, pour en déterminer la valeur réelle. In fine, il faudra disposer de données exactes pour renforcer la position de la RDC dans le commerce mondial des produits manufacturés, à l’aune de la Zone e libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Autant dire que les experts comptables ont une grande responsabilité à assumer. « Ce rôle pivot ne pourra être pleinement assumé que si les experts comptables de la RDC et de toute l’Afrique mesurent l’importance de leur mission. Ils devront établir la vérité sur la richesse réelle de la RDC et du continent africain. Il s’agit entre autres du cobalt, de l’uranium, et de toutes les autres ressources stratégiques parmi les plus recherchées du monde », a détaillé l’économiste senior à la CEA.
