A l’issue de l’évaluation des activités menées par ONU Femmes en 2025, Marie Pierre Raky Chaupin, représentante résidente d’ONU Femmes au Cameroun, se réjouit de la collaboration des pouvoirs publics et des autres parties prenantes et fixe le cap pour l’exercice 2026, malgré la rareté des ressources financières.
Madame la Représentante résidente, quelles ont été les actions concrètes d’ONU Femmes au Cameroun en 2025 ?
Merci à vous d’abord pour votre présence et l’intérêt que vous portez aux activités d’ONU Femmes au Cameroun. ONU Femmes, nous le savons tous, est l’entité du Système des Nations Unies en charge de l’égalité homme-femme mais aussi de l’autonomisation des femmes et des filles. Au Cameroun, nous sommes présents depuis 2011. Nous travaillons dans quatre domaines prioritaires thématiques, notamment : l’accompagnement de l’accès des femmes aux instances décisionnelles, la prévention des violences faites aux femmes et l’accès des survivantes aux services, l’autonomisation économique des femmes et des filles, y compris en milieu rural et l’accès des femmes à la réponse humanitaire et leur protection en temps de conflit. Alors, dans ces quatre domaines, nous avons pu travailler en partenariat avec les institutions du gouvernement que je remercie ici au passage pour leur présence. Nous remercions le MINEPAT qui est là avec nous pour faire ce bilan, mais également le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, qui est l’un de nos partenaires stratégiques au Cameroun avec qui nous partageons l’ODD 5, mais également l’ensemble des ministères. Parce que dans tous ces domaines thématiques dont j’ai parlé, nous avons travaillé avec les institutions du gouvernement.
Concrètement, à quoi faites-vous allusion en termes d’activités menées ?
Quand je prends la promotion de l’accès des femmes aux instances décisionnelles, nous avons travaillé avec ELECAM, avec le MINDEVEL dans le cadre du développement local, avec l’Association des femmes maires et avec le MINPOSTEL. Dans le domaine de l’autonomisation économique des femmes, nous avons beaucoup travaillé avec le MINADER sur le terrain, le MINEPAT et le MINTP dans le cadre des projets routiers. Vous voyez, je cite beaucoup de ministères. Dans le domaine de la prévention des violences faites aux femmes, nous travaillons beaucoup avec le MINPROFF. Nous travaillons également avec les réseaux de femmes, notamment la CAFEJ qui est ici présente, l’Association de lutte contre les violences faites aux femmes. Donc, beaucoup de partenariats sur le terrain qui incluent la société civile, les institutions de recherche comme les universités de Yaoundé I et de Yaoundé II. Nous travaillons aussi beaucoup avec toutes les institutions gouvernementales, puisque les questions de genre sont transversales.
Quelle est la symbolique derrière l’atelier de Douala ?
Il est question de nous asseoir, de faire le bilan, mais d’écouter aussi nos partenaires, parce que rien n’est parfait. Il faut donner de l’espace au dialogue mais aussi nous assurer que nous avons bien écouté le feedback venant de nos partenaires pour voir qu’est-ce que nous avons fait de bien, qu’est-ce que nous avons fait de moins bien, et comment nous tirons les leçons de tout ce que nous avons appris sur le terrain pour bien faire en 2026 et mieux planifier notre prochain plan stratégique.
Quelles sont les priorités 2026 ?
Pour 2026, nous restons dans la même lancée puisque nous jugeons que le contexte global est le même que 2025. Les priorités n’ont pas beaucoup changé, malgré les nouvelles données au niveau international. Nous faisons face à quelques contraintes liées à la rareté des ressources évidemment, notamment les ressources financières. Parmi les contraintes et les défis, nous avons aussi la montée des violences faites aux femmes et aux filles, qui pose pour nous énormément de défis parce que nous sommes aussi des acteurs pour répondre à cette montée. Et donc ici, l’idée c’est de tirer toutes ces leçons et de voir comment faire plus avec moins. Comment pouvons-nous adresser tous ces défis en tenant compte du potentiel de tous nos partenaires : du gouvernement, des ONG, des réseaux de femmes, des institutions de recherche ? Comment tirer profit de leur présence, de leur expertise pour faire plus de résultats avec moins de ressources ? C’est ça l’objectif de cet exercice.
INTERVIEW REALISEE PAR LA REDACTION
