Le butin considéré comme un crime faunique par l’administration était dissimulé dans 12 sacs. Les estimations font état de plus de 1320 spécimens de pangolin abattus.
Le 5 mai 2026, une saisie record de 12 sacs d’écailles de pangolin représentant 660kg a été opérée à Yokadouma, chef-lieu du département de la Boumba-et-Ngoko, dans la région de l’Est-Cameroun. Les estimations faites par les experts des questions de faune révèlent qu’il d’environ 1320 spécimens qui auraient été abattus, soit « un véritable carnage écologique », apprend-t-on. Les informations en provenance du quotidien camerounais L’Economie font état de ce que la saisie a été effectuée dans le cadre d’une opération coup de poing, menée conjointement par les services du ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) et l’Ong Last Great Apes (LAGA).
L’opération placée sous la coordination du chef de section faune de la délégation départementale MINFOF de la Boumba-et-Ngoko a par ailleurs permis de démanteler un important réseau de trafic d’écailles de pangolins. Les sources proches du dossier indiquent que le succès de cette opération est le fruit de plusieurs semaines de renseignement et de filature, conduite avec l’appui et l’implication des comités de vigilance communautaires, saluée à sa juste mesure par les pouvoirs publics. L’adoption de la nouvelle loi du 24 juillet 2024 sur le régime des forêts et de la faune est venue renforcer la lutte contre la criminalité faunique. En outre, l’adoption d’une stratégie décennale (2020-2030) de lutte contre le braconnage et la criminalité faunique, le renforcement du partenariat entre les différentes sectorielles (Forêts et Faune, Police, Gendarmerie, Douanes et Justice) et la mobilisation des partenaires techniques et financiers autour de la cause faunique ont été rendus possibles à travers un partenariat entre l’Etat du Cameroun et WWF.

Priorité à la vigilance communautaire
Le délégué départemental des Forêts et de la Faune, Alahdi Halla, a reconnu que la collaboration entre l’administration (surtout faunique) et les populations riveraines a été déterminante. Dans la foulée, il a exhorté à faire preuve de vigilance et à dénoncer de manière systématique les criminels fauniques. Pour l’heure, les présumés trafiquants, pris en flagrant délit de détention illégale de produits de la faune, ont été placés en garde à vue pour les besoins de l’enquête.
Les mis en cause seront déférés dans les prochains jours devant le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Yokadouma. Selon la loi faunique, les braconniers interpellés sont passibles des peines pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement, assortis de 10 millions de F d’amende. Le pangolin est une espèce intégralement protégée de classe A, selon l’arrêté N° 0648/MINFOF du 18 décembre 2006. Sa chasse, sa détention et sa vente sont formellement interdites. Il joue un rôle écologique majeur en tant que régulateur des populations de termites et de fourmis. Toutefois, l’espèce est particulièrement menacée par les réseaux présents sur les marchés asiatiques.
