Dans une tribune publiée le 13 octobre 2026 et dont copie est parvenue à la Rédaction de Green Lines 237, le prescripteur du Mouvement Ecologie en Marche dénonce les résultats positifs réalisés aux dépens des intérêts des services écologiques.
Les résultats financiers du Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD), Cyrus Ngo’o, sont extraordinaires si on se réfère aux différents prix qui lui sont décernés et les manchettes publiées par les tabloïds spécialisés qui encensent son leadership managérial. Comme une pièce, l’autre face est hideuse. C’est la dimension écologique impensée. Le Directeur Général du PAD a entrepris des travaux gargantuesques à quai, afin de décongestionner l’espace portuaire. Cependant, de vastes étendues des rives du Wouri sont dévastées et placées sous forme de baux emphytéotiques aux privés qui construisent de vastes entrepôts, magasins, stations-services, parcs à bois, zones d’exposition camions, etc.
Les services écologiques sacrifiés
Ses résultats positifs se sont réalisés aux dépens des intérêts des services écologiques. En effet, des centaines d’hectares des mangroves sont détruites, les terres des mangroves enlevées et destinées aux travaux de remblai. Conséquences : les côtes littorales ainsi dégarnies exposent la partie continentale à la montée des eaux, à l’érosion côtière et aux inondations marines. La destruction des Rhizophera doublée de l’extraction de son bois favorisent l’envahissement du milieu aquatique par Nipa palm (également appelé palmier d’eau ou palmier de mangrove, c’est une espèce végétale exotique envahissante qui pose de graves problèmes environnementaux et socio-économiques dans les zones côtières, ndlr) appelé « Sida » à cause de ses vertus dangereuses. La présence du Nipa palm dans l’espace occupé auparavant par les Matanda va entraîner la rareté des fruits de la mer et l’estuaire du Wouri se transformera en un vaste dépotoir des déchets plastiques.
Et s’il advient un Tsunami ?
Sans barrière naturelle, les conséquences seront épouvantables. « Qui veut dompter la nature, doit lui obéir », dixit la maxime populaire. Dangote en sait quelque chose. Le richissime homme d’affaires n’oubliera le jour où il avait invité les grands hommes d’affaires du continent lors de l’inauguration par le Premier Ministre, Philémon Yang, de sa cimenterie installée à Douala. Toutes ces têtes couronnées avaient les pieds trempés. La zone d’accueil de l’événement était inondée d’eau. Il avait plu quelques heures avant.
« Quelle image ?»
La zone portuaire de Douala est toujours mouillée après les précipitations (faibles ou fortes). Ces alertes sont à prendre au sérieux. Les océanographes dénoncent l’inertie des hauts responsables de la République qui sont informés régulièrement que Kribi, Limbe et Douala sont menacés par la montée des eaux qui gagnent sur la terre. C’est le silence du côté de Yaoundé. On ne le souhaite pas, mais quand la nature reprendra ses droits, ce sera la catastrophe : pertes en vies humaines (20 îles occupées), dégâts matériels importants, milliards de F.CFA investis perdus. Plusieurs délégations défileront à Douala, porter le message du Président de la République et son épouse à la famille des victimes.
C’est aujourd’hui qu’il faut agir
Monsieur le Directeur Général du PAD, vous êtes averti. Peut-être vous ne serez plus là. De grâce ne laissez pas la patate chaude à votre successeur.
Didier YIMKOUA
Prescripteur du Mouvement Écologie en Marche
Grenier de l’histoire
Demain c’est aujourd’hui
Email: yimkoiadidier@yahoo.fr
