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Quittés de Borgerhout à Anvers depuis le 14 février 2026, ils parcourent une quinzaine de pays, en direction de Kimpese en RDC, lieu de naissance de Geert. A chaque étape, les porteurs du projet « Vélo Congo » magnifient l’hospitalité africaine, tout en dénonçant avec la dernière énergie la pollution plastique.

12h15. Nous sommes au siège du Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), situé à Etoa-Meki dans l’arrondissement de Yaoundé I. Sous un soleil radieux, Geert Beullens et Rein Adons prennent congé de leurs invités. Ils vont en direction de la région du Sud-Cameroun. Fait plus curieux : ils sont à vélo. Le couple a décliné son itinéraire qui est le suivant : Mbalmayo-Ebolowa-Mengong-Sangmelima-Mintom-Ntam-Ouesso-Brazzaville. Ils envisagent de traverser le fleuve Congo, pour rallier Matadi en République démocratique du Congo (RDC), apprend-t-on.
Le couple est arrivé au Cameroun le 31 août 2026 par l’aéroport international de Douala. Avant de regagner Yaoundé, ils ont fait un détour à Kribi, après une escale à Edea. Interrogés sur la raison de leur périple à vélo, l’on sera un peu plus renseigné sur le projet de deux cyclistes, baptisé « Vélo Congo ». C’est depuis le 14 février 2026 qu’ils sont partis de Belgique, soit un jour de Saint-Valentin dédié à l’amour. « C’était une date romantique pour partir », renseigne Geert.
Le déclic : Geert Beullens veut se rendre en RDC, son pays de naissance
Leur destination finale est Matadi, parce que c’est à Kimpese (ville située sur l’axe routier Kinshasa-Matadi) que Geert est né. Sa famille est partie de là quatre ans après sa naissance. Nostalgique, l’humoriste de 56 ans a décidé de retourner sur son lieu de naissance. Mais pas seul. Il est avec sa compagne, Rein, âgée de 55 ans et gérante du « Café Mombassa » à Borgerhout, quartier de la ville belge d’Anvers. « Je voulais faire ça une fois dans ma vie. Je voulais faire un petit pèlerinage, donc pas juste prendre l’avion et aller visiter. Ça devait être un voyage plutôt mental pour y arriver », relate Geert, avec entrain.
Au-delà du rêve que veut réaliser Geert, une autre raison motive le couple. « En Belgique, le cyclisme est un sport national. Tout le monde le pratique. On aime les vélos chez nous et voyager avec les vélos est quelque chose de complètement différent que de voyager en avion », relate Rein. « C’est vrai que c’est lent, mais on parle beaucoup avec les gens, on apprend leur culture et on partage leur joie de vivre. Le seul fait que les gens nous disent qu’on est ensemble est exaltant », poursuit notre interlocutrice. Geert va plus loin, en expliquant que c’est une expérience profonde pour méditer et être en contact avec la nature.

15 000 km à parcourir
Rein va plus loin. Après avoir perdu son époux il y a trois ans suite à un accident de vélo, elle avait envie de passer à autre chose. « J’ai à nouveau trouvé l’amour. Il faut vivre chaque jour comme si c’était le dernier. Quand mon mari est décédé, j’ai réalisé qu’il faut vivre ses rêves. Et voyager avec le vélo, c’était l’un de mes rêves », déroule Rein. Nos deux pèlerins ont voulu aussi être discrets. « Quand tu entres un village avec une voiture chic comme une Land Rover ou une 4X4, les gens sont complexés et ne sont pas prompts à parler. Or, nous entrons avec un vélo, c’est connu partout, et certains pensent même qu’on est pauvre parce qu’on fait un voyage à vélo », souligne Geert avec un brin de sourire.
Au moment de leur entretien avec Green Lines 237, le couple belge confie avoir déjà parcouru 11 000 km sur une distance totale prévue de 15 000 km. Après un peu plus de sept mois hors de Belgique, Geert et Rein ambitionnent de rejoindre Kinshasa au plus tard en novembre prochain. Parmi les pays déjà parcourus, ils citent la France, l’Espagne, le Maroc, la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Conakry, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin et le Cameroun. Faut-il préciser que le projet est une initiative personnelle et privée, n’ayant bénéficié d’aucun soutien.
La pollution plastique, une gangrène pour la planète
En plus de faire une aventure, les deux cyclistes belges disent s’engager dans une expédition écologique. Le choix du vélo est davantage justifié par le fait qu’il ne pollue pas. « Le vélo ne coûte pas cher. C’est assez bon marché pour voyager », confie Geert. Sur leur itinéraire, nos sources ont surtout été marquées par les déchets et la pollution plastique, de l’Espagne jusqu’au Cameroun. « C’est vraiment triste et ça fait mal de voir ça », se désole Rein. Ils déclarent avoir attiré l’attention sur ce phénomène, pour rendre la planète plus vivante.

