Le 14e rapport de l’ONG britannique publié ce 16 septembre 2026 ajoute qu’entre 2012 et 2025, 2375 personnes au total ont été tuées ou ont disparu.
L’ONG britannique Global Witness a publié le 16 septembre 2026 son 14e rapport qui révèle qu’au moins 124 défenseurs des terres et de l’environnement ont été tués dans le monde en 2025. Ce qui représente environ une personne tous les trois jours. Le document indique que l’épicentre de ces crimes est localisé en Amérique latine, avec 105 décès, soit 85 % du total recensé. La Colombie occupe le podium avec 39 défenseurs tués, pour la quatrième année consécutive, devant le Brésil, qui en compte 26. D’autres régions du monde sont également concernées, notamment l’Asie, l’Afrique et l’Europe.
Pour le cas particulier de l’Afrique, un rapport de l’ONG congolaise Alerte congolaise pour l’environnement et les droits de l’homme (ACEDH) publié le 22 juin 2026 à Beni en République démocratique du Congo (RDC), et relayé par Mongabay, a dévoilé qu’entre juin 2025 et mars 2026, au moins 12 activistes des droits de l’environnement et des droits fonciers ont été tués dans ce pays situé dans le Bassin du Congo.

La situation n’est pas reluisante au Cameroun où les défenseurs de l’environnement font face à des intimidations, des arrestations arbitraires voire à des menaces de mort. Le cas le plus retentissant est celui de Joseph Fa’a Embolo qui, en 2011, s’est opposé à l’exploitation de plus de 1000 hectares de terre par une entreprise chinoise à Nanga-Eboko dans le département de la Haute-Sanaga (région du Centre). Sa témérité lui a valu cinq mois en prison. Le 23 décembre 2017, une décision rendue par la cour d’appel du Centre a blanchi celui qui mène ce combat depuis 1990. Que dire d’Emmanuel Elong, activiste qui donne du fil à retordre à la Socapalm, filiale du groupe Socfin appartenant à Bolloré. Le président de la Synergie nationale des paysans et riverains du Cameroun (Synaparcam) est réputé comme étant le principal porte-parole du collectif de 145 Camerounais qui a assigné la Socapalm devant le tribunal de Nanterre et la cour d’appel de Versailles en France. Un lobbying qui lui vaut (toujours) des intimidations.

2375 personnes tuées et/ou disparues entre 2012 et 2025
Entre 2012 (date du début du recensement des cas d’assassinat et de disparition des défenseurs des terres et de l’environnement par Global Witness) et 2025, le bilan cumulé se chiffre à 2375 personnes tuées et/ou disparues. Pour ce qui est du profil des personnes tuées, Global Witness évoque une proportion de 3/4 constituée essentiellement des petits fermiers, des communautés autochtones et des afro-descendants. 84 des 124 homicides recensés ont trait à des conflits liés à la propriété et à l’utilisation des terres. 11 décès sont liés aux activités minières et extractives, tandis que les activités agro-industrielles et l’exploitation forestière ont causé six et huit décès respectivement.

Crimes environnementaux identifiés entre 2002 et 2013 (Reporterre).
La méthodologie utilisée par Global Witness s’est basée sur la vérification et le recoupement des informations en provenance de plusieurs sources, grâce au soutien des partenaires locaux, nationaux et régionaux. Certains cas n’ont pas pu être documentés, en raison de la sensibilité des zones concernées, en l’occurrence celles où les conflits sont légion et où les défenseurs des terres et de l’environnement font face aux pressions multiformes.
