L’espèce visible dans les zones de mangrove entraîne des conséquences écologiques importantes, dans le contexte actuel du changement climatique.
Le Mouvement Ecologie en Marche coordonné par l’environnementaliste Didier Yimkoua a récemment indiqué que les travaux engagés par le Port autonome de Douala (PAD) pour étendre l’espace portuaire ont un impact sur la biodiversité environnante. Le fait le plus parquant mentionné est la destruction des palétuviers possédant les racines échasses (Rhizophora) doublée de l’extraction de son bois, qui favorisent l’envahissement du milieu aquatique par Nipa palm (appelé palmier d’eau ou palmier de mangrove, c’est une espèce végétale exotique envahissante qui pose de graves problèmes environnementaux et socio-économiques dans les zones côtières). Le Nipa palm est considéré par Didier Yimkoua comme le « Sida » à cause de ses vertus dangereuses. « La présence du Nipa palm dans l’espace occupé auparavant par les Matanda va entraîner la rareté des fruits de la mer et l’estuaire du Wouri se transformera en un vaste dépotoir des déchets plastiques », précise le Mouvement Ecologie en Marche.
Le Nipa palm a des conséquences négatives sur les zones littorales du pays. Au parc national de Douala-Edea, la présence de la plante envahissante est de plus en plus importante. Six chercheurs du département des sciences environnementales de la Faculté des Sciences de l’université de Buea ont publié des travaux scientifiques sur le sujet. Le sujet ayant pour thème : « Une évaluation de la dynamique des peuplements de palmiers Nypa (Nypa fruticans Wurmb) dans le parc national de Douala-Edea, région du Littoral, Cameroun », a été publié dans la revue scientifique American Journal of Environmental Science and Engineering, le 8 août 2025.

Le Nipa palm entre en concurrence avec les palétuviers indigènes
Les travaux de Guilen-Noel Nghokapin Tataw, Nkwatoh Athanasius Faushi, Kamah Pascal Bumtu, Elizabeth Orock Ayuk Ebotagbo, Dongang Ceraphine Mangwa et Londe Roland Lemlack révèlent des populations de palmiers Nypa ont été observées dans les zones de mangrove aux eaux plus saumâtres, situées plus à l’intérieur des terres et à l’abri d’une exposition directe à l’eau de mer pure. « Les résultats ont mis en évidence une forte présence de jeunes plantes. Cette espèce entre en concurrence avec les espèces de palétuviers indigènes de la région et constitue une menace pour elles », précise l’étude.
Au Cameroun, le Nipa a colonisé de vastes étendues le long du littoral du golfe de Biafra, en particulier dans les zones de marée abritées à eaux saumâtres telles que les deltas fluviaux, où l’on trouve habituellement les espèces de palétuviers dicotylédones. L’espèce s’est désormais établie au sud que dans l’estuaire du Wouri, près de Douala (Cameroun) et s’étend vers l’ouest jusqu’à Lagos. Cette colonisation entraîne des conséquences écologiques considérables. Le Nipa a la particularité d’être une espèce très opportuniste.

La ruée vers le bois de chauffe favorise la propagation du Nipa palm
Les peuplements denses et monospécifiques qu’il forme supplantent la végétation indigène de la mangrove. « Ce caractère opportuniste est accentué par le fait qu’une grande partie de la mangrove du Nigeria et du Cameroun est abattue pour fournir du bois de chauffe destiné au fumage du poisson à des fins commerciales », explique l’étude. Les vasières mises à nu constituent des zones de colonisation idéales pour le Nipa, tandis que les palétuviers indigènes sont incapables de reconquérir ces espaces. La propagation de ce palmier a un impact négatif sur les mangroves indigènes et des effets néfastes dans le contexte du changement climatique, ajoutent les auteurs.
Pour plus d’informations, consulter l’étude (en anglais) sur le lien suivant : https://www.sciencepublishinggroup.com/article/10.11648/j.ajese.20250903.16
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