L’activité tenue à Bertoua du 17 au 18 juin 2026 a abouti à des recommandations allant dans le sens d’une meilleure protection des défenseurs de l’environnement.
WWF Cameroun a organisé un atelier de formation des organisations de la société civile (OSC) les 17 et 18 juin 2026 à Bertoua, pour renforcer les compétences locales pour détecter et signaler les infractions et crimes environnementaux dans les paysages forestiers de la région de l’Est. 22 participants (dont quatre femmes) y ont pris part et étaient issus de 12 OSC et réseaux des paysages TRIDOM et TNS, notamment TRAFFIC et Transparency International, ainsi que des personnels du ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) et de WWF Cameroun.
L’activité visait à renforcer les connaissances et les compétences des OSC en matière de détection et de signalement sécurisé des crimes environnementaux, à améliorer la compréhension des risques associés, à consolider la maîtrise des outils de protection physique, numérique et juridique, et à élaborer un plan d’actions collectif pour la sécurité des OSC. Les sujets abordés ont porté sur le renforcement des connaissances et des compétences des OSC pour détecter et signaler les crimes environnementaux présumés tout en garantissant leur sécurité physique, numérique et psychologique. Le contexte et la typologie des crimes environnementaux dans le sud-est du Cameroun ont également été abordés. A ce niveau, il a été révélé que la délégation départementale MINFOF de la Boumba-et-Ngoko a mené 34 missions de lutte contre le braconnage, saisi du bois illégal d’une valeur estimée à 217 millions de FCFA et procédé à l’interpellation de 82 suspects.
Dialogue multipartite pour lutter contre l’exploitation forestière illégale et le trafic d’espèces sauvages
Les nouvelles sanctions prévues par la nouvelle loi forestière et faunique du 24 juillet 2024 (jusqu’à 20 ans d’emprisonnement et 50 millions de F.CFA de dommages et intérêts pour les espèces de classe A) ainsi que les outils juridiques, institutionnels et numériques protégeant les OSC ont en outre été vulgarisées. Idem pour les outils innovants pour lutter contre l’exploitation forestière illégale et le trafic d’espèces sauvages, à l’instar de Timber Tracker, Wood ID, TimberStats, AFRICA-TWIX, Legal Timber…Les participants ont aussi été édifiés sur les techniques d’identification des produits issus de la faune sauvage, notamment l’ivoire d’éléphant et les écailles de pangolin.
Les risques auxquels les OSC sont confrontées sur le terrain ont été abordés, que ce soit les agressions physiques et verbales, la confiscation de matériel, les poursuites judiciaires arbitraires et les violences fondées sur le genre. Dans la foulée, des mesures d’atténuation appropriées ont été proposées, telles que la protection juridique, le renforcement des capacités techniques, la fourniture d’équipements de protection et une collaboration plus renforcée et étroite avec les autorités publiques. Les recommandations portaient sur l’acquisition d’équipements, une plateforme commune de coordination et de partage d’informations, des outils de rapportage standardisés, des mécanismes harmonisés de protection des OSC, un dialogue multipartite impliquant le MINFOF, le MINEPDED et le MINMIDT, ainsi qu’un dispositif de suivi et de prise en charge des lanceurs d’alerte.
