PUBLI-REPORTAGE
DECLARATION DE SOUTIEN À LA COMMUNAUTÉ D’APOUH À NGOG DANS LE PROCÈS QUI L’OPPOSE À L’ÉTAT DU CAMEROUN POUR LA RÉTROCESSION DE SES TERRES ANCESTRALES OCCUPÉES ABUSIVEMENT PAR LA SOCAPALM
Nous, communautés riveraines des agro-industries du Gabon, du Congo-Brazzaville, de la RDC, du Cameroun, de l’Ouganda, de la Sierra Leone, du Liberia, de la Côte d’Ivoire et du Ghana, ainsi que les organisations de la société civile et les partenaires engagés pour la justice foncière et les droits des communautés, exprimons notre solidarité à la communauté d’Apouh à Ngog. Nous la soutenons dans le procès qui l’oppose à l’État du Cameroun devant le Tribunal administratif du Littoral au sujet de l’occupation et de l’exploitation abusive de ses terres ancestrales par la SOCAPALM d’Edéa, détenue à 86 % par le groupe Socfin et Bolloré.
Depuis des années, la communauté d’Apouh à Ngog, et en premier lieu les femmes, subit les effets de cette spoliation : famine, insécurité, réduction des espaces de vie et de culture pour les générations présentes et futures, pollution de l’eau et de l’air, atteintes aux sites sacrés, menace sur les moyens de subsistance et atteintes à la dignité des femmes, notamment par les violences et les viols. Face à cette situation, la communauté a décidé de ne plus se taire. Elle s’organise, documente les faits, dénonce les abus et interpelle les décideurs. Ce combat témoigne d’un grand courage et d’un profond sens des responsabilités envers leurs enfants et les générations à venir. La détermination sans cesse renouvelée d’AFRISE est à saluer et encourager car si elles ne s’étaient pas levées comme une seule femme, elles auraient été simplement écrasées. Nous saluons tout particulièrement la détermination des femmes d’AFRISE.
Ce procès dépasse le seul cadre judiciaire. Il constitue une épreuve décisive pour le respect des droits fonciers coutumiers dans toutes les localités impactées par des agro-industries. Il fera date pour les générations présentes et futures, comme le signe que le profit seul compte peu s’il ne prend pas en considération l’intérêt et le bien-être des communautés.
À leurs côtés, nous réaffirmons que :
. La terre d’Apouh est au cœur de l’identité de cette communauté ; elle porte la mémoire des ancêtres et l’avenir de leurs enfants.
. Aucun investissement ne doit se faire au mépris des droits humains et fonciers des communautés concernées.
. La voix des femmes, premières gardiennes de la terre et de la famille, doit être entendue et respectée, notamment dans les espaces de décision concernant leurs terres.
. L’accès à la justice est un droit, et les communautés d’Apouh à Ngog doivent pouvoir l’exercer sans intimidation, ni représailles.
Par cette motion, nous affirmons que la communauté d’Apouh à Ngog n’est pas seule. Son combat est celui de toutes les communautés riveraines du Cameroun et d’Afrique qui exigent le respect de leurs droits coutumiers dans la gestion de leurs terres ancestrales.
Nous suivrons ce procès avec attention et porterons votre voix dans les espaces nationaux et internationaux.
Nous appelons la communauté d’Apouh à rester forte et unie. Tenez bon : la vérité, la justice et la dignité triomphent lorsque les peuples restent debout.
Ensemble pour la TERRE, pour la VIE, pour la JUSTICE.
Dans la solidarité et la détermination.
Pour les Organisations
Les signataires :
1- RADD (Réseau des Acteurs du Développement Durable) Cameroun
2- Journalists for Earth – Cameroun
3- CWOWUP
4 – Ong Muyissi Environnement – Gabon
5 – RAJORNY- Cameroun
6 – AFRISO – Cameroun
7 – COFERISO – Cameroun
8 – AFRISH- CEA – Cameroun
9 – SYNAPARCAM – Cameroun
10 – AFRIKA – Cameroun
11- AFRISE – Cameroun
12- Mélanie Lasom’Ekutchu., Confédération Paysanne du Congo-Principal Regroupement Paysan » COPACO-PRP/ASBL » – RDC
13 – Hermann Davy Kavougou Collectif des Ressortissants et Écologistes des Plateaux Bateke – Gabon
14 – REFEB – Côté d’ivoire
15 – WONARPI – Sierra Leone
16 – JVE – Gabon
17- VE – Côte d’Ivoire
18- JOWEDO – Liberia
