Dr. Richard Sufo Kankeu, chercheur et coordonnateur du programme Ressac à Landscape Alliance, revient sur les enjeux des Journées scientifiques organisées du 23 au 25 septembre 2026 à Douala (Cameroun) et se prononce sur l’importance de la recherche pour le secteur privé.
Trois jours de réflexions scientifiques sur les forêts d’Afrique centrale. Pourquoi ?
Déjà parce que Landscape Alliance (Cifor-Icraf) est en action et a pour objectif de renforcer les capacités des chercheurs, mais aussi de leur donner des moyens pour faire la recherche en Afrique centrale et trouver des solutions scientifiques pour le secteur privé, pour les acteurs publics et pour la prise de décision. Donc ces trois jours vont nous permettre, d’abord, de mettre en réseau les jeunes chercheurs et les chercheurs seniors, de permettre aux jeunes chercheurs d’avoir les mentors pour progresser dans leur carrière, mais aussi de trouver de nouvelles thématiques de recherche en Afrique centrale sur la question des forêts et aussi ouvrir un débat sur les orientations et sur les enjeux des forêts en Afrique centrale.
Quel est l’intérêt qu’il y a à associer le secteur privé à ces journées ?
Vous savez, le secteur privé est l’un des consommateurs majeurs de la recherche. Nous associons ce secteur privé parce qu’ils ont intérêt à faire la recherche pour mieux décider des orientations qui sont faites dans leurs entreprises. Je prends un exemple précis dans le cadre du programme Ressac, qui est un programme de recherche en écologie et sciences sociales que je coordonne, qui en fait a permis d’associer les chercheurs au secteur privé. Par exemple, en RDC, les chercheurs se sont positionnés pour faire de la recherche sur la qualité du bois, permettant au secteur privé d’identifier les zones forestières dans lesquelles il y a du bois qui est plus structuré, qui a une couleur plus intéressante, mais aussi pour les acheteurs qui veulent du bon bois. Ça veut dire qu’en fait, le secteur privé a besoin de la recherche pour orienter ses investissements, mais aussi pour orienter son marché.
Au regard des pressions qui pèsent sur le Bassin du Congo, quelle peut être la contribution de la recherche pour une gestion durable de ce massif forestier ?
Avec les pressions, le chercheur doit se positionner en tant que facilitateur, pour trouver des solutions scientifiques. Ces solutions vont permettre de réduire la pression qu’il y a sur les forêts, notamment en ce qui concerne les questions d’agroforesterie où on peut planter des arbres et trouver ainsi des alternatives qui permettent d’éviter les pressions sur la forêt. Le chercheur aide à trouver ces solutions-là.
INTERVIEW REALISEE PAR LA REDACTION, à Douala
