Face à la menace de cette zoonose dont la présence est signalée chez nos voisins, Didier Yimkoua, Prescripteur du Mouvement Ecologie en marche, insiste sur l’implémentation de l’approche « One Health », la mise à contribution des Collectivités territoriales décentralisées (CTD) et la réduction des contacts entre animaux et hommes.
Nous avions alerté les autorités de la République sur les rapprochements des animaux et les hommes. Ces contacts sont la principale source de contamination des virus, agents pathogènes des animaux aux hommes et vice-versa. Longtemps avant la menace d’Ebola, nous avions attiré l’attention de l’opinion national sur:
- La sortie des lions affamés de leur tanière qui allaient attaquer les bœufs des paisibles éleveurs Bororos dans le Mbam ;
- Les éléphants qui discutaient les points d’eau avec les habitants du Mayo-Kani ;
- Des grands singes en divagation dans le Sud après la construction du barrage hydroélectrique de Memve’ele à Nyabizan sur le fleuve Ntem ;
- De la découverte d’un gros reptile caché dans la résidence d’un riche homme d’affaires au quartier Bonanjo ;
- De la présence des milliers de chauves-souris (grands magasins des coronavirus) dans les manguiers à Bonanjo.
Ces animaux sauvages, porteurs potentiels de zoonoses, migrent parce que leurs habitats naturels sont détruits par l’Homme, à travers les actions suivantes : désertification (éléphants), déforestation (lions), destruction des mangroves (reptiles, chauves-souris), construction d’infrastructures (grands singes). A l’époque, nous disions que les changements climatiques ne créent pas de nouveaux virus, mais créent les contacts. Ces contacts entraînent la prolifération des zoonoses telles qu’Ebola.
Priorité à la réduction des contacts et au contrôle aux frontières
La prévention contre la contamination aux zoonoses réside en la capacité de réduire les contacts. Et la réduction des contacts est consubstantielle à la mise en œuvre des programmes nationaux de restauration des habitats naturels (biotopes) des espèces animales menacées par la conjonction des activités anthropiques et les phénomènes liés aux changements climatiques. Nous louons la sagacité du ministère de la Santé publique (Minsanté), cependant il faut placer la lutte contre Ebola (les zoonoses) sous le prisme du « One Health » (approche Onusienne qui vise à concilier la santé des humains, des animaux et des écosystèmes, ndlr).
Le Dr. Manaouda Malachie doit être accompagné, assisté par d’autres services publics tels que les Collectivités territoriales décentralisées (CTD). Mettons-nous ensemble, chacun où il se trouve, pour barrer la route à l’entrée d’Ebola chez nous, dont la présence est signalée chez nos voisins. Tout ce vacarme dans nos aéroports relève de la distraction. La priorité est au contrôle de la circulation internationale au niveau de nos frontières.
N.B: une famille de singes est menacée par la destruction de la mangrove et l’urbanisation à Mbanya. Nous lançons un SOS. Il faut protéger ces grands primates.
Didier YIMKOUA
Prescripteur du Mouvement Écologie en Marche
Grenier de l’histoire
Demain c’est aujourd’hui
Tel: (+237) 699.90.56.96
Email: yimkouadidiet@yahoo.fr
